‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 26 sur 115 · XXX SÉANCE PUBLIQUE DU 48 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXX SÉANCE PUBLIQUE DU 48 DÉCEMBRE

et la brave maman, âgée de quatre-vingt-quatorze ans, exécute encore de menus travaux de couture. Elles ont toutes les deux l’estime du village; la plus jeune, en particulier, s'impose à l’admiration de tous. Véritable modèle d’ordre, de sérieux, infiniment discrète et réservée, rebelle aux commérages, tenant son intérieur avec une propreté minutieuse, Mme Labourasse donne l’exemple d’une vie simple et laborieuse, exemple précieux pour les générations nouvelles, qui ont tant besoin de trouver de pareils encouragements au travail et au bien. Vous avez compris, Messieurs, que rien ne ferait plus de plaisir à la vénérable nonagénaire que de voir récompenser celle qu’elle considère comme son enfant, et vous avez voulu, en couronnant Mme Labourasse, qu’elle pût partager la joie de sa belle-fille.

C’est aux jeunes filles qui se dévouent à leurs parents que sont affectés les revenus de la Fondation Pister, sur lesquels vous avez justement attribué un prix à Mile Cécile Heinrich (1). Mme Wach, sa mère, a eu trois filles d’un premier mariage : l’aînée travaille au dehors, la troisième est entrée au couvent. Mile Cécile est donc la seule à pouvoir aider sa mère. Et les huit enfants du second mariage s’échelonnent de onze ans à quelques mois! Mile Heinrich a senti la beauté de la tâche qui s’offrait à elle, et elle s’y est dévouée courageusement. Écoutez-la raconter ellemême son existence de travail et de sacrifice : « Dès que je suis sortie de classe, je me suis occupée des soins du ménage et j'ai aidé maman à élever les enfants. J’ai compris que mon devoir était de rester dans ma famille. La tâche est quelquefois pénible, car malgré tout je suis jeune et il est bon d’avoir des distractions. Jusqu'ici je n’en ai guère eu. Mais je ne m'en plains pas. Après tout, ilme semble qu’iln’y a rien de plus beau que de se dévouer pour sa famille ». Soyez sûrs, Messieurs, qu’en récompensant Mie Cécile Heinrich vous remplirez de satisfaction le cœur de ses bons parents, et que vous sèmerez la Joie dans cette jolie nichée dont elle est la petite maman.

(1) 23, rue de Belfort, Nancy.

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