RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XXIX
ladie de cœur, et le père, déjà vieux, subvenait seul par son travail aux besoins de tous. En 1908, la famille se transporte à Houdelaincourt, et c’est là que M!e Étienne s'est véritablement imposée à l’admiration de tous. Malgré son infirmité « elle travaille activement » — ce sont les termes mêmes du curé du village — « fait le ménage, prépare les repas, donne à la maison une tenue de propreté qui étonne tous les visiteurs. » Pour aider à l'entretien du ménage, et aussi pour faire le bien, elle adopte un bébé de l’Assistance publique, âgé de vingt mois. En plus des autres travaux qui remplissaient ses journées, malgré cette nuit qui paralyse et ralentit son activité, elle prodigue à ce tout petit des soins affectueux, épanouissant ainsi les trésors d’amour maternel qui sommeillent au fond du cœur de toutes les femmes. Aujourd’hui ce bébé est devenu une fillette de quatorze ans, qui vit encore avec sa bienfaitrice, et qui donne — il ne pouvait en être autrement avec un pareil exemple sous les veux — les plus belles espérances. M1le Etienne n’a jamais reculé devant les soins les plus fatigants que réclamaient ses parents, morts à un âge très avancé, après de longues maladies. Elle s’est dévoute pour eux toute sa vie, luttant sans cesse contre la pénurie de ses ressources, ne craignant aucun sacrifice. Mie Étienne est vraiment une sainte de la piété filiale et votre Compagnie s’honore grandement en lui attribuant une récompense,
En décernant à Mme Vve Numa Labourasse, de Vouthon-Haut, Meuse, le prix fondé par M. de Goussaincourt, vous récompensez, Messieurs, un cas bien rare de dévouement familial. C’est sa belle-mère que Mme Labourasse loge sous son toit depuis plus de vingt-cinq ans, et cela seul, aux yeux de beaucoup, est l’effet d’une singulière vertu. Mme Labourasse n’a cessé, aussi attentive et aussi tendre qu’une véritable fille, d’entourer la bonne vieille des soins les plus affectueux et des attentions les plus délicates. Sans fortune, les deux femmes vivent de leur travail, un travail acharné. Mme Labourasse est à sa machine à coudre dès 5 heures du matin, été comme hiver,
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fi) Vouthon-Haut (Meuse).
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