XLIV SÉANCE PUBLIQUE DU 2% MAI
sujet d’études la Réforme en Allemagne au XVIe siècle et à écrire cette œuvre magistrale : l’État et les Églises de Prusse sous Frédéric-Guillaume Ier, qui lui valut, au cours des années 1897 et 1898, le grade de docteur. ès lettres, le titre d’associé correspondant de votre Compagnie, un prix de l’Académie française et sa nomination de professeur adjoint à la Faculté des Lettres de Nancy.
Professeur titulaire en 1901, M. Pariset enseigna jusqu’à la guerre en notre université lorraine. Il y était hautement estimé pour la sûreté de son information, l'originalité de ses vues et la précision de sa méthode poussant l'analyse avec une rigueur en quelque sorte mathématique. Il continuait en même temps ses travaux historiques, portant ses investigations sur l’histoire moderne de l’Angleterre, sur l’histoire de la Révolution, s'intéressant à la vie économique et préparant, pour l’histoire de France publiée par Ernest Lavisse, cette histoire du Consulat et de l'Empire qui devait consacrer sa réputation d’historien.
Membre titulaire de votre Académie le 9 janvier 1903, il est nommé successivement secrétaire annuel (1905- 1906), vice-président (1910-1911), président (1911-1912); il dut renoncer à sa qualité de membre titulaire en 1919, lorsqu'il fut nommé professeur à la Faculté des Lettres de Strasbourg. 1 fut l’un des restaurateurs de lUniversité française en Alsace. II se consacra à sa mission avec une ardeur d'autant plus grande qi'il sentait plus impérieuse la nécessité de dissiper les nuées qui, venues d’outre-Rhin, cherchaient à obscurcir l'esprit de la jeunesse alsacienne. C’est le plus bel éloge — celui sans doute auquel il eût été le plus sensible — que l’on puisse faire de l’éminent historien que vous avez perdu que de dire qu'il a consacré les dernières années de sa vie à faire rayonner sur les âmes alsaciennes les clartés d’une pensée française.
En perdant M. Georges DucrocQ, votre associé correspondant depuis le 7 juin 1912, la France a perdu un poète et un «loyal serviteur », la Lorraine un de ceux qui ont le mieux compris le sens de ses destinées et la valeur de ses enfants nés « pour labourer, pour batailler et pour
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