VERRIERS D’AUTREFOIS LXV
et la plupart ont déjà des enfants et ne peuvent bonnement demeurer et ouvrer tous ensemble avec leur père nommé Didier Hennezel pour leurdit hart de gros verre, parquoy leur est force d’eulx d’oter d’avec leur dit père ». C'est dans la forêt de Darney et dans celle voisine de Lamarche que continuent surtout à se développer les fabriques : une tradition s’y est créée, les matériaux favorables, les échanges probables de services de four à four en ont fait une terre d’élection.
D'autre part, des centres se sont formés ailleurs. Volcyr nous a cité le bois d’Argonne au baillage de Clermont, Raon (Raon-l’Étape assure notre confrère M. Sadoul), Saint-Quirin; on parle de Blämont au xiIve siècle, et en 1600 d'Hattigny et de Busson près Blâämont.
Lepage cite Borville, les Glashutten entre Arschwiller et Saint-Louis, Zuffal sur la Sarre, près Lorquin, Munstrhü; tout cela au pays de Sarrebourg.
Le Comté de Bitche, incorporé au Duché en 1559, ne fait pas encore parler de ses verreries, mais Müntzthal existe au xvrie siècle. Le pays de Dabo, que nous déent avec tant d’érudition, de poésie et d'humour notre confrère M. Huffel, voit surgir avec les Linanges, de 1627 à 1640, des verreries au Donnersthal, au Volflingerthal, ban d'Abreschwiller et à Soldatenthal. Saint-Quirin, seul, dans le bois de Lettenbach, domaine du Prieuré, semble avoir eu une importance : en 1594, ses directeurs Barthélemy et Balthazar, fournissent les vitres polies destinées au Palais Ducal de Nancy.
Mais avec une telle production, ce qui devait arriver se produisit et au commencement du xvrie siècle une ense effroyable s’abattit sur l’industrie du verre. Surproduction et concurrence rendent la marchandise de moins en moins lucrative. Quelques abus dans la qualité marchande irritent le duc protecteur et l’obligent à rappeler ls délinquants à leurs devoirs de fabriquer des verres «bons et léaux ». On est allé trop loin dans les privilèges et les concessions. On les a déjà réduits pour les gens de Lamarche qui n’ont plus droit à la chasse, ni à la glandée que pour 16 porcs. La forêt, qui doit pourvoir à la consommation de chaque four à raison de 7 cordes en moyenne