LXX SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI
ches et les directives; lui-même ne saurait vivre loin des collaborateurs qu'il s’est faits : souffleurs, tailleurs, graveurs, décorateurs; et il n’est pas d'exemple en Lorraine qu’un maître verrier n’ait vécu, ne soit mort et ne repose au milieu de ses ouvriers.
Messieurs, me permettrez-vous de dire en terminant eombien 1l m'est précieux de rendre hommage en votre présence aux vieux précurseurs de mon art : les hasards de l'existence, les devoirs d’après-guerre surtout, m'ont depuis quelques années créé des obligations étrangères au beau métier de ma Jeunesse. Devant vous, j'ose avouer qu'il m'en a coûté, et avec quelle tendresse je reviens toujours à des études dont le fonds est inépuisable et merveilleux.
Les jeunes gens qui m’entourent, artistes, artisans el ouvriers que J'ai formés, chez qui plutôt, fils moi-même, de la « forêt de Vôges », en mon pays de Bitche, j'ai retrouvé les traits du vieux verrier contemplatif et rêveur à travers nos bois du xvi® siècle, — cette jeunesse continuera l’œuvre de lumière et de joie que j’ai eu le bonheur de faire connaitre et aimer. Mais 1] me sera donné encoré, j'espère, de travailler à la gloire du verre dans son loin tain passé, et nulle part mieux qu'ici, ces recherches n€ seront comprises, éclairées et encouragées! Grâces VOUS soient rendues de m'y avoir si généreusement appelé.