‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 62 sur 115 · VERRIERS D’AUTREFOIS LXIX · texte numérisé non relu

VERRIERS D’AUTREFOIS LXIX

liers de taillerie, de gravure, de décor, où toutes les techniques sont mises à contribution. La suprématie de la Cristallerie et de la Verrerie française, disons lorraine, est rétablie dans le monde et ne fait que se confirmer avec les années. Les expositions universelles de 1855, 1867, 18/8 ont marqué des étapes illustres. La guerre de 1870 a coupé en deux notre vieille province. Mais en deçà et au delà de la frontière provisoire, les verreries sont restées en communauté de méthodes, de goût et même d'intérêts : le parler français et le patois du pays n’ont cessé d'être pratiqués de l’autre côté, et les verriers se sont trouvés à peine comme sortant d’un cauchemar quand les choses furent rétablies.

Entre 1870 et 1880, Nancy, parmi ses transfuges alsaciens-lorrains, recueillit un certain nombre d’ouvriers verriers et l’usine, acquise par mon père et qu'avec un frère bien-aimé je devais diriger plus trad, fut créée dans un faubourg de la ville. Dans le même temps, un jeune artiste, un poète, amoureux de la nature et des bois, s'exerçait auprès des fours de Meisenthal, à la décoration sur verre, et trouvait dans les mystérieuses transparences de cette matière l'expression de ses rêves. Émile Gallé exposait vers 1884 ses premières œuvres, triomphait à l'Exposition de 1889 en attendant celle de 1900, et installait en 1894, également à Nancy, ces beaux ateliers de la Garenne, où s’élaborent désormais ses impérissables créations.

Des interprétations nouvelles, des découvertes techniques, des thèmes décoratifs inédits, auxquels il m'a été donné, pendant quarante ans, d’apporter une contribution et que, Messieurs, j’ai déjà eu l’honneur d’expliquer devant vous, étaient, dès lors, fournie à l’art du verre, et celui-ci prenait un essor nouveau, excitait l’émulation de nombreux ateliers concurrents et ajoutait au Parc d'Honneur de Volcyr une curieuse et bien aimable « singularité ».

Et tout cela est dû à nos verriers, qu’on ne peut déraciner. Le maître verrier lui-même, à qui l’organisation moderne de l’usine ne permet plus de travailler de ses mains avec les compagnons; à qui incombent les recher-

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