XL SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
où ils habitent s'accordent à reconnaître qu’il est peu de familles si complètement estimables.
Un prix Pister récompensera ces bonnes gens, si méritants. |
Les époux Hertgen (1), d’Armaucourt, sont bien intéressants, eux aussi : ils ont eu huit enfants, dont sept sont vivants, et Mme Hertgen, malgré les soucis que vous devinez, trouve encore le moyen de donner tous ses soins à sa propre mère, octogénaire et infirme.
Ces saines traditions de foyer bien peuplé sont d’ailleurs à l'honneur dans la famille, car cette mère elle-même avait élevé dix enfants. D’une parfaite honorabilité, M. Hertgen est conseiller municipal de sa commune. Vous avez attribué à ce ménage comme on en voit peu un prix Pister.
Le dernier prix Pister va à la famille Morel (2), avec ses huit enfants, auxquels les parents, avec un souci d'idéal très touchant, et non sans peine sans doute, cherchent à assurer une situation sortant un peu de l'ordinaire : deux garçons vont à l’École supérieure et se destinent l’un à la mécanique et l’autre à la sculpture. D’autres sont assidus à l’école ou à l'atelier. La tenue du ménage est d’une méticuleuse propreté, et ces cœurs dévoués ont encore eu le mérite de recueillir pendant plusieurs années une vieille demoiselle, sans ressources, amie de Mme Morel. Ajoutons que le père est grand blessé de guerre; c’est plus qu’il n’en fallait pour recueillir vos suffrages. Vous ne les avez pas marchandé à cette famille modèle.
Mais la guerre n’a fait que trop de victimes : deux fois bombardée rue Jeannot et rue du Montet, la famille Maurice (3) s’est réfugiée, avec ses dix enfants, à Vandœuvre, où l’Administration lui a concédé une baraque en planches; elle y a ajouté un lopin de terre à cultiver, fruit de ses économies. Tout cela est tenu à merveille : les chambres propres, le jardinet béché et ratissé. On
(1) À Armaucourt, par Leyr.
(2) Rue Saint-Nicolas, 98.
(3) A Vandœuvre.