‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 37 sur 116 · RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLIHI · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLIHI

culiérement comme admirable d’abnégation. Entrée au service d’une dame de Lunéville à l’âge de vingt ans, en 1905, cette servante parfaite y remplit tous ses devoirs avec une exactitude et une probité exemplaires pendant neuf années. En 1915 cette dame mourut, laissant quelques petites rentes à son autre vieille bonne, devenue aveugle. C’est alors que Mlle Hiltenfinck résolut d’attacher sa vie à celle de la pauvre aveugle, vivant avec elle sans rien recevoir, mais donnant toute son affection et tout son cœur.

Les difficultés de la vie sont grandes pour ce très modeste intérieur, mais jamais une plainte n’effleure les lèvres de ces deux femmes, très simples et très nobles.

Mile Hiltenfinck méritait donc bien le prix Clotilde Humbert que vous lui décernez.

À Mme Marie Paquier (1) vous conférez un prix Goussaincourt. Cette pauvre femme est, elle encore, une victime de la guerre, pendant laquelle son mari, adjudant au 160 KR. I., a vaillamment servi. Miné par les fatigues et les atteintes des gaz asphyxiants, l’adjudant Paquier, après sa démobilisation, fut embauché dans une entreprise de démolitions de tranchées à Dieuze et Château- Salins. Mais sa santé ne put résister à ce dur labeur, et il revint, malade tout à fait, au foyer conjugal. Sa femme alors le soigne avec un dévouement sans bornes, usant jusqu'au bout les petites économies du ménage pour lui procurer la nourriture et les remèdes nécesssaires. À la mort du pauvre homme, Mme Paquier avait pour toute fortune une somme de 40 francs et un enfant à sa charge.

Celui-ci, très bon sujet, commence à se tirer d'affaire tout seul, mais il faut d’abord rembourser les dettes contractées aux plus mauvais jours.

Malgré tout, Mme Paquier fait face à l’adversité avec une énergie qui lui mérite l’estime et le respect de tous.

Mlie Anna Martin (2) est, en ce temps de recherche si

(1) Rue de Toul, 70.

(2) Chez M. Jeandel, à Ancervillers,

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