XLIV SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
âpre du gain, un exemple du désintéressement le plus pur : elle était entrée, en 1921, comme domestique, au service d’une famille de La veline (Vosges). Cette famille se compose du père et de la mère, tous deux infirmes de guerre, et de quatre enfants. Une suite de revers de fortune ayant modifié la situation de ces gens honorables, Mlle Martin fut avisée que, ne pouvant plus payer ses gages, on lui rendait sa liberté. Voyant la détresse de cet intérieur naguère prospère, Mlle Martin resta, et elle continue, sans rien recevoir, ses services héroïques, se privant même à l’occasion au profit des autres. Rien ne rebute cette fille admirable, et elle vient de suivre à Ancervillers, dans son triste exode, cette famille accablée d’infortune, dont elle s’est faite la providence et le soutien.
De tels faits se passent de tout commentaire. Un prix Goussaincourt sera pour Mie Martin le témoignage de l'estime admirative où la tient, avec tous les gens de cœur, l’Académie de Stanislas.
Votre prix local de Bouxières-aux-Dames, fondé par M. de Goussaincourt, est attribué à Mlle Hémin (1), qui, refusant de se marier et de vivre sa propre vie, soigne sa mère veuve depuis vingt-cinq ans et presque aveugle, cultive le petit jardin, fait le ménage, assure l’éducation d'une nièce, fille d’une de ses sœurs, veuve de guerre et obligée de travailler, et, en somme, se multiplie nuit et jour pour assurer au modeste intérieur, dont elle est la gardienne, une parfaite propreté et une dignité de tenue bien louable.
Quant au prix Virginie Jacquot, il doit suivant les intentions de la fondatrice être décerné à une famille de Glonville, comptant au moins quatre enfants.
Mme veuve Eugène Neige (2), dont le mari est mort en 1923 d’une maladie de cœur contractée à la guerre,
(1) À Bouxières-aux-Dames.
(2) À Glonville.