‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 39 sur 116 · RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLV · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLV

remplissait bien les conditions voulues. Elle a cinq enfants, dont trois l’aident déjà vaillamment aux travaux de culture, tandis que les autres vont régulièrement à l’école. Tout ce petit monde est bien élevé et la famille jouit d’une réputation sans tache.

Mais la vie n’est pas facile aujourd’hui, et le prix Virgnie Jacquot sera un appoint appréciable et encouragera ces braves gens, qui marchent si droit dans Ia voie du devoir.

Je m'excuse de cette longue énumération, où, fatalement, des termes identiques reviennent sous la plume pour caractériser de belles actions semblables; je crois cependant, malgré l’imperfection du style dont je suis seul coupable, que cette litanie du bien, monotone dans sa beauté, a quelque chose de souverainement consolant.

Certes, je ne suis pas de ceux qui s’illusionnent beaucoup sur le progrès que constituent pour la société humaine les découvertes de la science et le bien-être matériel qu’elle lui procure.

Avoir le téléphone, le télégraphe, le cinéma ou les chemins de fer ne change pas les cœurs; et la grande guerre vient de nous monter trop clairement ce que peut être une barbarie scientifique.

Aujourd’hui donc, comme jadis, — pas plus tee ne nous faisons pas le « laudator temporis acti », mais pas moins sans doute, — il y a par le monde des hommes cupides et cruels, des âmes égoistes et mauvaises: il y a des souffrances, des deuils, des regrets, des déceptions, de la misère...

Et dans les heures de doute, l’âme avide d’idéal et que n’apaisent pas toujours les affirmations décisives de la foi religieuse, se tourne vers le ciel, dont on voulait étemdre les dernières étoiles, et pose la grande question :

« Pourquoi tout cela? Pourquoi la douleur, pourquoi le mal, les séparations, et la mort? »

La réponse, elle vient de vous être donnée.

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