‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 66 sur 116 · LXXX SÉANCE PUBLIQUE DU 20 MAI · texte numérisé non relu

LXXX SÉANCE PUBLIQUE DU 20 MAI

ses basses branches, conduites par un effort savant, épanouit sur nos fronts le jet de ses nervures solidement articulées. Ce sont, en langage technique, des liernes, des tiercerons, des contre-liernes : église voisine des Cordeliers, cloitres de Cahors et à Toul de Saint-Gengoult, nefs à Paris de Saint-Gervais, et, sous nos murs, de Varangéville. Aux clefs, une effigie, frappée, image et exergue, comme sur un « teston », remplacera la plante découpée et stylisée, suspendue en couronne légère à la nef de nos églises, vers la période flamboyante (1). Hors deux portraits, celui du duc Antoine et celui du bon roi René (2), son aïeul, reconnaissons sur ces chefs le capricieux amusement du sculpteur, cherchant dans la figure humaine, interprétée selon une plastique expressive mais fantaisiste, des sujets heureux de décoration, une étude offerte à son art. Ainsi, sous la Renaissance, soit en modelé, soit en ronde-bosse, ces médaillons illustrant les murs de certains hôtels seigneuriaux, tel à Caen le gentil manoir de Nollent.

Voici la cour du château ducal, réduite de nos jours à un jardin en miniature, petit Cluny, où de nobles pierres regretteront les temps morts : figure équestre, calvaire antique, sarcophage gallo-romain, digne des Alyscamps. enfin, gisant sur le gazon, des chapiteaux demi-brisés, où le lierre côtoie la classique acanthe.

Reconstituons, sans voir les bâtisses scolaires, murant notre rêve, le château ducal de Nancy, comme il fut, au xvue siècle, sous les ducs Charles III, Henri Il et Charles IV, en son intégrité. Imaginons, sur la foi des estampes et des chroniques, un quadrilatère de constructions irrégulières mais harmonieuses, encadrant la cour, où tournaient les carrosses, attelés de six chevaux, où Joualent, soit aux quilles, soit à la toupie, les jeunes princes, attestés par Jacques Lallemant, le bon menui-

(1) Et mème auparavant. Ainsi, à Laon, un fraisier, chargé de ses fruits, galerie de la cathédrale (xir1e siècle).

(2) Avec son bonnet, rappelant le célèbre diptyque de Nicolas Froment, conservé au Louvre.

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