‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 67 sur 116 · UNE VISITE AU PALAIS DUCAL DE NANCY LXXXI · texte numérisé non relu

UNE VISITE AU PALAIS DUCAL DE NANCY LXXXI

aier (1). En certains châteaux, comme à Marchais (2), à Ussé (3), à Villandry (4) ou en Lorraine à Haroué (5), la cour, ouvrant sur la campagne un pont, une avenue, réduit le plan à trois côtés. Ici, le chez soi, cloîtré, il est vrai, comme sous le haut mur un hôtel fermé de président (6). Mais la vue plonge au levant sur les parterres, dessinés en 1609 par Métezeau, sur les divinités de Simon Drouin — jardin du général, parc de la Pépinière — puis, hors des fossés hantés par les cygnes, voguant de glacis en glacis paresseusement (7), sur le paysage, baigné par la Meurthe, enfin, pour fond de tableau, sur le coteau aimé de Malzéville, adouci par la brume claire des beaux jours. En un coin de la cour, angle nord-est, un puits, comme à Nantes, à Chaumont, à Dijon ou à Langeais. Sur le bord de la margelle, un petit oiseau du bon Dieu, absent, je le confesse, des Archives, chante, attendant éperdu les miettes de pain, jetées par la main du duc Henri II, ami des bêtes.

Ainsi construit, le château ducal de Nancy constituait dans la Ville-Vieille une demeure spacieuse et confortable, ouverte à la plus simple et à la plus franche hospitalité, avec ses quatre-vingt-dix-neuf cheminées (8), dénombrées par Jean Breton, « ardoisier » de Leurs Altesses (9).

(1) Archives M.-et-M., B. 1416, Lallemant, 31 déc. 1617.

(2) Marchais, Aisne, arr. Laon, cant. Sissonne.

(3) Ussé, commune de Rigny, Indre-et-Loire, arr. Chinon, cant. Azay-le-Rideau.

(4) Villandry, Indre-et-Loire, arr. et cant. Tours.

(5) Haroué, M.-et-M., arr. Nancy, chef-lieu cant.

(6) Tel à Nancy le feu Hôtel de Mahuet de Lupcourt, dit Hôtel 0O’Gorman.

(7) « Le controlleur en l’hostel soubscript certiflie qu’un des cygnes, qui sont ès fossés de ceste ville, s’estant envollé, M. le grand maistre, par commandement de Son Altesse, a envoyé sur la rivière en divers endroictz pour le reprendre promptement, craignant qu’il ne volla plus long, les sept personnes cy après denommées,.… lesquels l'ont reprins et rapporté. En quoy ils ont vaqué cinq jours, d’aultant qu'il s’'envoloit quand on le pensoit prendre ». Archives M.-et-M., B. 1301, cert. 11 avr. 1607.

(8) On en trouve même à la « Saulzerie », à la panneterie et à la sommellerie.

(9) Archives M.-et-M., B. 7763, Breton, 7 avr. 1628.

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