‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 69 sur 116 · UNF VISITE AU PALAIS DUCAL DE NANCY LXXXIII · texte numérisé non relu

UNF VISITE AU PALAIS DUCAL DE NANCY LXXXIII

Entrés en joye, sortés en paix : invite sur le seuil une antique enseigne (1). Et, à la suite de nos ducs, gagnant avec leur splendide cortège la salle dite des Cerfs, grasissons lentement la « montée » en pas de vis, logée, angle nord-ouest, dans la Tour de l’Horloge, effilant sur les toits sa haute flèche couronnée. Fuyante spirale, ombreux recoins… Et, traînant sur leur auguste personne des « santeurs » violentes et capiteuses, ces nobles princes passaient à travers la fange (2), comme la salamandre héraldique, sculptée à la Porterie, à travers la flamme, cependant que, pour la traversée, les belles dames relevaient prudemment la cotte de satin pastel, céladon, nacarat, isabelle ou incarnadin, bordée de fin argent... Une rampe de style gothique flamboyant couronne, comme à Blois, le singulier escalier, virant en pente douce largement, où, selon certaine légende, citée aussi pour Amboise, les ducs de Lorraine ‘auraient jadis chevauché. À ce petit détai!, répété avec la foi, se réduit, pour de nombreuses personnes, la connaissance historique du château.

Entrons. A notre droite, une salle dite des Tapisseries, précieuse à nos yeux pour la fidèle et splendide reconstitution des intérieurs seigneuriaux, au xvi® siècle. Considérons en elle un type, cadrant, sous la Renaissance, avec la floraison joliment ciselée des portiques, des tourelles et des lucarnes : visions de Pau, de Langeais, de Meillant (3), de Chaumont, de Marchais ou de Cheverny (4). Les regards seront captés, dès le seuil, par un grand lit, construit selon le modèle classique : le lit du duc Antoine, remarqué à juste titre de tous les visiteurs, avec ses colonnes, cantonnées, comme à Blois, de la cordelière, chère à la reine Anne de Bretagne, ses panneaux, historiés aux doubles armes du jeune couple, enfin, comme encadrement, la devise courante du due, près de vingt fois répétée, au goût du temps : J'espère

(1) Ens’igne du Cheral-Blanc, « hostellerie + de la Ville-Vieille (1623), (2) Archives M.-et-M., B. 7753, Collonnet, 25 mars 1625.

(3) Meillant, Cher, cant. et arr. Saint-Amand-Mont-Rond.

(4) Cheverny, Loir-et-Cher, arr. Blois, cant. Contres.

Page 1