‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 7 sur 116 · RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XIII · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XIII

sujet était aussi large que possible, mais encore fallait-il que le candidat donnât une étude d’ensemble sur l’exploitation agricole de la région, que son travail se développât avec quelque méthode, de façon à laisser dans l'esprit du lecteur quelques idées précises, suffisamment coordonnées entre elles et suffisamment encadrées dans quelque conception générale.

Je ne puis dire que le seul travail qui ait été présenté, celui de M. Vital Collet, réponde à ces conditions essentielles. C’est le produit de l’effort accompli par un brave et honnête cultivateur, dont l’esprit a travaillé en même temps que les bras, dont le cœur est restéfidèle à la terre, alors même que l’âge et les circonstances lui ont fait abandonner la culture et habiter notre ville : il a écouté, il a observé, il observe et réfléchit encore, et sur ses vieux jours, — il a quatre-vingt-quatre ans, — il a condensé dans ce mémoire, les informations et les souvenirs qu’il a recueillis, les observations qu’il a faites, les recettes enfin qui sont le fruit de sa longue expérence. Tel le vieux Caton, au soir de sa vie, écrivant son De re rustica.

Vous parlerai-je du travail lui-même? A vrai dire, ni sa valeur intrinsèque, ni sa composition, ne méritent un examen approfondi. J’aime mieux m’en tenir à l’impression que donne la personne même de l’auteur : il nous apparaît en ces pages si curieux des souvenirs du passé, et en même temps si ouvert aux innovations du présent, si ami des traditions et si désireux de progrès! Par-dessus tout, il a tant d’estime et d’amour pour les travaux et la vie de l’homme des champs! Sans doute il regrette la simplicité des temps anciens, mais il pense surtout aux améliorations que multiplient les temps nouveaux, aux conseils, aux recettes, que son expérience lui suggère, et qu’il voudrait voir répandre dans nos campagnes. « Le terrain scientifique, dit-il en terminant, n’a pas plus de limites en agriculture qu’en industrie. Il n’y a pas de borne au progrès. » Il s’applaudit de voir l'électricité pénétrer jusqu’au fond des cantons les plus reculés et donner la force motrice aux concasseurs, aux machines à battre, à l’outillage du mécanicien qui répare

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