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BIENHEUREUSE MARGUERITE DE LORRAINE

Par M. Edmond des ROBERT

MEMARK TITULAIRE

M. le chanoine Martin, membre de l’Académie de Stanislas, en terminant la lecture, à cette Compagnie, d’une étude consacrée par lui, avec soin pieux, dans la Semaine religieuse du diocèse de Nancy et de Toul (1), à la bienheureuse Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon, présenta l'important volume (2), richement illustré, récemment publié sur la sainte fille de Gérard d'Alsace par M. le chanoine R. Guérin, aumônier des Clarisses d'Alençon.

Un appendice, rédigé par M. Boule: administrateur de l’École dentellière d'Alençon (3), est relatif à la dentelle,

(1) 13 février 1926 et numéros suivants.

(2) GUÉRIN (Chanoine R.) La Bienheureuse Marguerite de Lorraine, La Chapelle-Montligeon (Orne). 1924. 4° édition, gr.-in-8 de xx xI- 358 p. avec nombreuses illustrations.

(3) Mème ouvrage p. 328. M. Félix BouLanrp est l'auteur d’une étude intitulée : La Bienkeureuse Marguerite de Lorraine et les dentelles d'Alençon, paru à Alençon en 1921.

point dit d'Alençon, que Marguerite de Lorraine aurait introduite et propagée dans le duché de son époux.

. « Ce ne sont plus seulement, dit-il, des chroniques, plus ou moins explicites, qui nous transmettent le renom de notre laborieuse duchesse d'Alençon : un document positif, signé de ses armes, met directement sous nos yeux l'ouvrage de ses mains.

« Nous voulons parler des broderies conservées jusqu'à ces derniers temps au monastère des Clarisses d'Alençon dans le secret du cloître et révélées au monde extérieur par l’exposition publique des objets ayant appartenu à la Bienheureuse, lors des fêtes qui ont suivi la reconnaissance de son culte (novembre 1921). .

« …… Les précieux morceaux, deux bandes de broderie, probablement à l’usage de garnitures d’autel, que la tradition du monastère des Clarisses d'Alençon présente comme étant l’ouvrage personnel de la -Bienheureuse, sont conservées dans ce monastère.

« La première de ces bandes, d’une longueur totale de 2m 33, se compose de deux morceaux, de 1® 15 environ chacun, assemblés par une couture. Le dessin, très riche, reproduit alternativement le monogramme du Christ (1), dans un médaillon oblong, entouré de rayons, et le chiffre de la Sainte-Vierge, encadré plus simplement d’une guirlande circulaire. Aux deux extrémités sont finement brodées les armes de Lorraine » (c. à. d. aux 4 royaumes et aux 4 duchés, avec LORRAINE simple sur le tout.

« La seconde bande se compose de deux morceaux de 75 centimètres assemblés par une couture. On y retrouve le même dessin, les mêmes monogrammes du Christ et

de la Vierge, mais non les armoiries.

= « Il est à remarquer que ces bandes ne sont pas des dentelles, ainsi qu’on le dit parfois improprement. Ce sont des broderies sur toile, avec découpures. Or ce fait vient à l’appui de la tradition. Beaucoup plus ancienne que la dentelle, qui ne se vulgarisa guère, dans notre

(1) I'est probable que l’auteur veut parler du monogramme du Saint nom de Jésus JHS. :

région, qu'au xvii® siècle (1), la broderie sur toile et sur étoffe était en usage à l’époque de Marguerite de Lorraine et c'était alors un des genres préférés des nobles dames.

« Il est fort vraisemblable que la duchesse d’Alençon s’y soit appliquée pendant sa vie dans le monde et que sa grande piété l’ait poussée à utiliser son talent de brodeuse pour la décoration des autels.

Ainsi s'explique M. Robert Triger (2). »

Que l’une de ces broderies soit, à la rigueur, l’œuvre de la bonne duchesse, nous n’aurons garde de nous élever contre une vénérable tradition, mais il n’est pas possible que la première, celle qui porte les armes complètes de Lorraine, soit sortie de ses mains, car la maison ducale de Lorraine n’adopta telles armoiries qu’au moins vingt ans après le décès de la duchesse devenue clarisse!

D'ailleurs un document fait connaître les armoiries portées par Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon. Ce document, qui est de taille, puisque c’est une cloche, la grosse cloche de l'hôtel de ville d'Alençon dite du “ Tocsin » ou « Anne ». Une copieuse description, avec illustrations, s’en trouve dans une monographie de M. l'abbé Legros (3) que nous a signalée notre vénéré et obligeant confrère M. Léon Germain de Maïdy.

Parmi le décor de cette cloche figurent le blason de René d'Alençon, aux trois fleurs de lys avec bordure besantée (4) et celui de Marguerite de Lorraine, son

(1) Bien que tout à fait ignorant en l’art de broderie, nous estimons que l'aspect général et le style du bandeau aux armes de Lorraine, reproduit hors texte au regard de la page 324 n’indiquent pas un travail du premier quart du xvie siècle.

(2) Ce texte, reproduit par M. BouLanpn, est tiré du rapport de M. Robert TRiGER, président de la Société historique et archéologique du Maine, p. 348, paragraphe 33 du Sommaire de la Cause de Marguerite de Lorraine.

(3) L&ecros (Abbé) : Les cloches et horloges de l’hôtel de ville et de l’hospice d’ Alençon. Alençon, 1913. 10 gravures dans le texte de M. Paul de Farcy, au nombre desquelles, sous le n° 3, le blason parti ALENÇON- LORRAINE.

(4) ALençonx : D'azur à trois fleurs de lys d’or, deux et une, à la bordure de gueules chargée de huit besants d'argent. D'ailleurs le P. AN-

épouse : parti, à dextre ALENÇON; à sénestre, LORRAINE simple, c’est-à-dire la bande aux trois alérions.

Ce blason est fidèlement reproduit au centre de la planche qui illustre cette étude.

Bien qu'il soit peu vraisemblable qu'après son veuvage (René d'Alençon mourut le 1€7 novembre 1492), Marguerite ait modifié ses armoiries, il est évident qu'elle n'aurait pas introduit, dans son blason personnel, les deux quartiers de GUELDRES (1) et de JuL1ERS (2) apportés à la maison de Lorraine par sa belle-sœur, Philippe de Gueldres (3) morte également sous le voile des religieuses de Sainte-Claire à Pont-à-Mousson, en 1547.

Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon, mourut à Argentan le 2 novembre 1521 et les armes complètes de Lorraine (c. à. d. aux 4 royaumes en chef, aux 4 duchés en pointe avec LORRAINE simple sur le tout) comme nous les allons décrire plus loin, ne furent pas même portées par ses neveux : le duc Antoine et Claude de Lorraine, premier duc de Guise, mais seulement par ses petitsneveux, vers 1945, comme nous allons l’établir.

I en résulte que les armoiries accolées à celles d'Alençon qui figurent sur les portraits peints ou gravés se trouvant hors texte au regard des pages 80, 92 et 268, sur le vitrail dont reproduction se trouve en face de la page 96, sont toutes inexactes! par suite de la présence

SELME, au T. I], page 275 de son Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France ...3° édit., 1726-1733, donne à noter duchesse un écu : écartelé, aux 1 et 4 Lorraine simple; au 2. \lençon; au 8, de gueules à deux faces d’or, qui est Harcourt.

{1} GueLDres : D’azur au lion couronné d'or, à queue fourchue et passée en sautoir, armé et lampassé de gueules. Certains le disent couronné de gueules. Quand les armoiries de GUELDRES et de JULrERS sont accolées, il est d'usage par symétrie, de représenter le premier lon contourné, c’est ce qu'on nomme : la courtaisie héraldique.

(2) Juziens : D'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules.

(3) René IT avait épousé, en premières noces, le 40 juin 1471. Jeanne d'Harcourt. En 1485, il obtint, de l'officialité de Toul, déciaration de nullité de mariage pour cause de stérilité, sentence confirmée par la Cour de Rome, quelques années plus tard. Le 1er septembre 1485, il épousa, en secondes noces, Philippe de Gueldres, fille d’Adolphe d'Ewmont, dur de Gueldres, et de Catherine de Bourbon.

injustifiable des quartiers Gueldres et Juliers, apportés à la maison de Lorraine par le mariage de Philippe de Gueldres avec René 1[, frère de Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon.

L’explication concise, mais cependant détaillée, des modifications ou plutôt des adjonctions successives apportées aux armes de Lorraine au cours du xv® siècle et dans la première moitié du xvi® fournit la preuve annoncée.

La descendance directe de Gérard d'Alsace, par ordre de primogéniture, s’éteignit avec le duc Charles II, mort en 1431. La maison de Lorraine portait depuis l’origine des armoiries : d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent (type 1).

En 1419, Isabelle de Lorraine, fille aînée et héritière de Charles IT, duc de Lorraine, épousa René d'Anjou (1), comte de Guise, fils de Louis IT d'Anjou, duc d'Anjou, comte de Provence et du Maine, et de Yolande d’Aragon, petit-fils de Yolande de Bar, reine d'Aragon. René, d'autre part, avait déjà été choisi, comme héritier, par Louis, cardinal-duc de Bar (2), dernier mâle de sa maison.

René d'Anjou, qui prit, en 1421, le titre de duc de Bar, du consentement de son oncle, le cardinal-duc, ne devint réellement souverain qu’à la mort de celui-ci en 1430.

Il le resta jusqu’à son décès en 1480, c’est-à-dire un demi-siècle.

En 1431, son beau-père Charles IT décéda; il devint alors, du chef de sa femme, duc de Lorraine.

Il en avait déjà placé les armes sur son écu, écartelé d'Axsou et de Bar au moins depuis 1424 (type 2) (Voir un sceau conservé aux Archives de Meurthe-et-Moselle, H 1661).

En vertu de la loi salique, Antoine de Lorraine, comte de Vaudémont, neveu du duc défunt, revendiqua la succession du duché de Lorraine. Nous passons sur les

(1} ANsou : Sem de France anrien, à la bordure de gueules. Ce sont là les armes de la seconde maison d'Anjou, dite Anjou moderne.

(2) Bar : D’azur à deux bars adossés d’or, l’écu seméè de croix recroisellées au pied fiché aussi d’or.

péripéties de la lutte avec la fameuse bataille de Bulgnéville (2 juillet 1431). Le différend ne s’accomoda que par les fiançailles de Ferry de Lorraine, fils d'Antoine, comte de Vaudémont, avec Yolande d'Anjou, fille ainée de René, en 1445.

Le 12 novembre 1434, le frère ainé de René, Louis II], duc d'Anjou, comte de Provence et du Maine, mourut, sans postérité, en lui laissant tous ses états, sauf le comté du Maine, légué à son autre frère. Le 12 novembre 1435, Jeanne IT, reine de Naples, de la première maison d’Anjou, suivit au tombeau Louis III d'Anjou qu’elle avait adopté; le double héritage échut à René; il comprenait plusieurs souverainetés importantes, très réelles et des prétentions sur des États plus importants encore, mais dont la possession n’était que virtuelle. Nous ne retiendrons ici que celles de ces prétentions ayant laissé traces dans les armoiries de Lorraine : trois royaumes, ceux de HoxGRiE (1), de Srcire (2) et de JÉRUSALEM (3). Dès lors l'écu de René Ier porte, en chef, les armoiries de ces trois royaumes (type 3).

En 1453, à la mort de sa femme, Isabelle de Lorraine, René d'Anjou qui ne tenait le duché de Lorraine que du chef de cette dernière, le remit à son fils, Jean, duc de Calabre et conserva le duché de Bar qui lui appartenait personnellement comme héritier du cardinal Louis de Bar, son oncle.

René d'Anjou enleva alors, de son blason, le quartier de LORRAINE.

Nous ne nous occuperons plus des armoiries de René d'Anjou, bien que leur étude soit particulièrement intéressante. Un travail de M. le comte Durrieu (4), lu jadis à linstitut, montrait qu’on peut arriver à établir les

(1) HoNGrniE : Fascé d'argent et de gueules de huit pièces.

(2) SiciLE : Semé de France ancien au lambel à trois pendants de gueules brochant en chef. Le royaume de Sicile fut possédé par la première Inaison d'Anjou. Ces armes sont dites aussi Anjou ancien.

(3) JÉRUSALEM : D'argent à la croix potencée d'or cantonnée de quatre crotseltes du même.

(4) Académie des Inscriptions et Relles-Lettres, Comptes rend des séances de l’année 1908, page 102. :

nié. — =

cadres d’un classement chronologique de toute une série d'importantes œuvres d’art du xv® siècle en s’aidant des armoiries qui ont été portées par le fameux et presque légendaire roi René d'Anjou. |

Bien qu'ayant cherché, dès 1442, date du décès de sa mère, Yolande d'Aragon, à faire valoir les droits sur ce royaume qu’il tenait d’elle et aussi comme héritier de la première maison d'Anjou, il ne fit apparaître le blason d’'ARAGON que vers 1466 quand les Catalans révoltés lui en offrirent la couronne. Jean II (1453-1470), mort en Catalogne, marié à Marie de Bourhon, porta les mêmes armes que son père, bien entendu en y conservant le quartier de LORRAINE, mais brisées d’un lambel à trois pendants de gueules brochant en chef (type 4).

Son fils unique, à la naissance duquel Marie de Bourbon mourut : Nicolas, marquis du Pont, lui succéda (1470- 1473). Le lambel disparut du blason, mais c’est alors que commença à être porté le quartier d'ARAGON, sous la forme d’un écu sur le tout (type 5), type d’armoiries que ne semble pas avoir employé Jean II.

Nicolas, duc de Lorraine (1470-1473), mourut sans avoir été marié, après ses fiançailles successives avec Anne de France, fille de Louis XI, et Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire. Le duché revenait à Yolande, fille aînée de René Ier et d'Isabelle de Lorraine, veuve de Ferry de Lorraine, comte de Vaudémont. Mais Yolande céda de suite ses droits à son fils, qui portait, comme son grand-père maternel, le prénom de René. Avec le nouveau duc René II, c'était une branche cadette de l’antique maison d’Alsace qui montait sur le trône de Lorraine.

René IT (1473-1508), écartela d’abord les armes simples de Lorraine avec celles de sa mère Yolande d'Anjou (type 6), laquelle portait les mêmes que son père René Ier roi de Sicile et de Jérusalem. C'est-à-dire les armes du type 5, moins le quartier de LoRRAINE. Ce sont en effet celles qui se voient au côté des prie-Dieu devant lesquels . sont agenouillés le bon roi René et Jeanne de Laval, sa seconde femme, sur le célèbre tryvpique du Buisson ardent.

Après la mort de son aïleul (1480), René II adopta Pécu : coupé de un, parti de trois traits en chef et de un en pointe, ce qui fait six quartiers : au 1 HoxGRIE; au 2 SICILE, au 3 JÉRUSALEM, au 4 ARAGON, au 5 ANJOU, au ti Bar; sur le tout, LORRAINE (type 7).

En 1485, René II avait épousé Philippe de Gueldres mais n’ayant ni droit, ni prétention, sur les duchés de Gueldres et de Juliers, ni lui, ni ses fils, pas plus le duc Antoine que Claude de Lorraine, premier duc de Guise, ne firent figurer officiellement les quartiers GUELDRES et JuLiers sur leurs armes.

M. Léon Germain de Maïdy (1), à propos d’un triptyque d’émail de Léonard Limouzin aux armes de Lorraine à l'Exposition de Madrid (1893) était déjà arrivé aux mêmes conclusions que nous. En note l’éradit secrétaire perpétuel de la Société d'archéologie lorraine mentionnait que « F. de Saulcy (Recherches sur les monnaies des ducs héréditaires de Lorraine, Metz, 1846, pl. XVII, fig. 7 et 5) a publié deux testons du duc François, datés, l’un de 1544, l’autre de 1545; l’écusson est encore à six quartiers sur le premier, tandis qu’il a huit quartiers avec GuEL- DRES et JULIERS sur le second. C’est en 1538 que le duc Antoine, père de François Ier, prétendit à l’héritage de son oncle maternel, Charles d'Egmont, due de Gueldres; je ne me rappelle pas de monuments officiels où l’écusson d'Antoine soit augmenté des deux quartiers dont il s’agit; mais il en est autrement sur les frontispices en miniature de deux manuscrits d’Admond du Boullay, héraut d'armes de Lorraine, savoir : L’Illustration de la grâce de Dieu, — 1540 et l'Origine de bataille et chevalerie — 1543 ». Ces deux précieux manuscrits font partie de la bibliothèque de la Société d'archéologie lorraine.

Comme nous venons de l'indiquer, le fils et héritier

(1) Journal de la Société d'Archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, 1893, pages 76 à 89. M. Léon Germain de Maidw, antérieurement au eomte Paul Durrisu, avait fixé déjà -la chronologie des armoiries de Rene d'Anjou et insisté aussi à plusieurs reprises sur la date de l'adjonction oMirielle des deux quartiers GuELDreset J'ULIERS: vers 15%.

du duc Antoine, François Ier (1544-1545), marqua ses prétentions aux duchés de Gueldres et de Juliers en introduisaat leurs quartiers surson écu, d'autant mieux qu'ayant épousé, par contrat passé à Ratisbonne ie 20 mars 1540, Chnistine de Danemark, fille de Christian II, roi de Danemark et d'Isabelle d'Autriche, sœur de Charles-Quint, Hd espérait que le puissant Empereur, oncle maternel de sa femme, lui restituerait ces deux duchés comme il le hu avait promis.

Nous confirmerons les conclusions tirées de l’étude des monnaies par celles que nous procurera l’examen des sceaux du même souverain.

Nous en connaissons deux : un cachet armorial et un sceau équestre avec contre-sceau armorial.

Sur le premier (1), ce sont encore les armoiries de Lor- RAINE aux quatre royaumes en chef, aux deux duchés en pointe, et l’écu de LORRAINE sur le tout.

Sur le second (2) les armoiries de LORRAINE sont complètes, c’est-à-dire que les quartiers de GuELDRES et de duuixes y figurent, en pointe, entre ceux d’Axsovu et de Bar (type 8).

Conclusions identiques à celles données par M. Germain de Maidy : ce n’est que vers 1545 que les deux quartiers GuELDREs et JurIERS furent introduits officiellement dans le blason complet de la maison ducale de Lorraine.

Dès lors, mais à partir de cette époque seulement, les armes pleines de LoRRAINE purent se décrire comme suit :

Conpé de un, parti de trois traits, ce qui fait huit quarliers. Au 1 fascé d'argent «& de gueules de huit pièces, HoxGriE; au 2 d'azur semé de fleurs de lys d’or, au lambel à trois perdants de gueules brochant en chef, SiciLE ou ANJOU ancien; au 3 d'argent à la croix potencée d’or cantonné de quatres croisettes du même, JÉRUSALEM; au 4 d'or à quatre pals ou vergettes de gucules, ARAGON; au à d'azur semé de fleurs de lys d’or, à la bordure de gueules, ANIoU

{1} Archives de Meurthe-et-Moselle, H 4282.

(2) Tbidem, B 475, n° 2.

SéRir VI, t. xx. 1920 (

moderne; au 6 d'azur au lion contourné£. (1) d’or, à double queue fourchée et passée en sautoir, armé, lampassé «à couronné de gueules, GuELDRES; au 7 d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, Jui1Eers; au 8 d'azur à deux bars adossés d’or, l’écu semé de croix recroisettées au pied fiché aussi d’or, Bar. Sur le tout, d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent qui est Lor- RAINE.

La maison de Guise, issue d’un frère du duc Antoine,

n’introduisit ces deux quartiers que vers la même époque,

avec un peu de retard certainement. Nous rappelons que les armes des Guise ne diffèrent de celles de la branche ducale souveraine que par l’adjonction d’un lambel à trois pendants en chef comme brisure.

Claude de Lorraine, un des fils issus du mariage de René IT et de Philippe de Gueldres,.né à Condé (2) le 20 octobre 1496, s’était établi en France et le roi François Ir, érigea pour lui, en 1528, le comté de Guise en duché-pairie.

Chevalier de l’ordre de Saint-Michel, pair et grand veneur de France, comte d’Aumale, marquis de Mayenne et d’Elbeuf, baron de Joinville, gouverneur de Bourgogne, il avait épousé, à Paris, le 18 avril 1513, Antoinette de Bourbon et mourut à Joinville le 18 avril 1550.

Ce sont ses armes qui se voient sur une chaire conservée dans la chapelle du musée de Cluny et faussement indiquée comme chaire de René II, duc de Lorraine. Elle porte, en effet, les armes de Lorraine telles que nous venons de les décrire, sans les quartiers GUELDRES et JuriErs, et sont brisées d’un lambel à trois pendants.

L’écu est surmonté de la couronne ducale et entouré du collier de l’ordre de Saint-Michel : c’est donc le blason du premier duc de Guise.

Douet d’Arcq (3) avait d’ailleurs déjà remarqué que

(1) Par courtoisie héraldique, comme il est expliqué plus haut.

(2) Condé-sur-Moselle, maintenant Custines, Meurthe-et-Moselle, arr. et cant. Nancy-Est.

(3) Dovuer D’ARcQ. Collection des Sceaux des Archives de l’Empire, T. I., p. 430.

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