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le sceau de Claude de Guise ne portait pas les deux quartiers sur lesquels roule toute l'argumentation de cette communication, bien que le P. Anselme ({) les lui donnât, ajoutant à cette inexactitude celle de confondre le blason de Jurssrs avec celui de FLANDRE, auquel il ressemble, ce qui explique cette erreur sans la justifier!
Mais, si La plupart des auteurs, les graveurs, les artistes ont reproduit l'erreur du P. Anselme, en le copiant serviement sans prendre la peine de remonter aux sources, nous croyons pouvoir indiquer l'endroit où le P. Anselme s était lui-même mal renseigné. En effet, dans un ouvrage héraldique, fort rare (2), La Rocque décrivant les armes de Claude de Guise y place, faussement, comme nous venons de Le prouver, les deux quartiers en question et indique bien le premier comme celui de GUELDRES, mais le second comme celui de FLANDRE!
De l’énoncé des faits qui précèdent, il résulte, sans contestation possible, que Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon, ne put, à aucun titre, porter dans son blason les quartiers GuELDREs et JULIERS et, de plus, que ces quartiers ne furent introduits dans les armes des descendants de son frère, René II, que plus de vingt ans après le décès de la pieuse duchesse.
Ainsi le bandeau de broderie aux armes complètes de Lorraine conservé au monastère des Clarisses d'Alençon ne peut être l’œuvre de Marguerite de Lorraine et les armoiries attribuées à elle sur plusieurs tableaux et gravures ont été ajoutées après coup ou, pour les œuvres plus modernes, placées sans qu’il soit tenu compte de leur inexactitude historique.
Redresser une erreur, rétablir la vérité sur un point où il faut vraiment connaître la question dans ses moindres détails pour se permettre une rectification n’enlève rien à la valeur de l’ouvrage de M. le chanoine Guérin. Le culte légitime rendu à la sainte fille de nos ducs ne souffrira certes pas du fait qu’un ouvrage manuel attribué à elle
(i} ANSELME (Le P.) Loc. cit., T. III, p. 478. (2) La Rocque. Les blasons des armes de la royale maison de Bourbon et de ses alliances (1626), folio 67.
jusqu'ici ait été exécuté vingt ans au moins après son décès. |
Tout au plus, pourrait-on émettre l’hypothèse que sœur Philippe de Gueldres, heureuse de voir les quartiers de sa maison placés sur l’écu de la maison de Lorraine, aurait fait tel cadeau au couvent fondé par sa belle-sœur, morte en odeur de sainteté, longtemps avant elle.
Cette remarque, d’ailleurs, s'applique seulement en ce qui concerne la date certaine assignée au bandeau de broderie par la présence des armes complètes de Lorraine : après 1540.
Nous n'avons pas voulu soulever la discussion qui, à notre avis, permettrait de déterminer plus exactement, d’après son style, l’époque à laquelle fut réalisé ce dé- Hicat ouvrage de dame.