XXVI SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
pour ne pas « laisser tomber dans l’oubli les noms de leurs camarades, partis comme eux à l’appel de la Patrie en danger. S'ils sont revenus au village, ce n'est pas de leur faute, comme on dit». La discrétion vous commandait ici de ne pas qualifier, mais d’énumérer simplement les combattants, les unités auxquelles ils appartenaient, les * blessures — combien nombreuses — quelques citations. Vous avez donc établi trois listes alphabétiques des mobilisés, l’une des habitants de Villey en 1914, la seconde, de ceux qui, nés à Villey, s'étaient établis ailleurs avant la guerre, la troisième enfin des anciens combattants qui n’étant venus à Villey qu'après la guerre, y étaient domiciliés à la date du 1er août 1930.
Quelques pages sur le village pendant la guerre, pages un peu sommaires à mon gré, mais vous avez l’excuse de n'être curé de Villey que depuis 1924, terminent votre volume. Vous avez dit quelques mots de la mise en état de défense du village en août 1914, puis des menus incidents inséparables d’une longue occupation. Vous n'avez pas voulu parler de l’état moral de la population au cours de ces quatre années et c’est, pour ma part, la lacune que je déplore le plus. Peut-être d’ailleurs est-il encore difficile de dire sur ce sujet toute la vérité. Vous avez tenu par contre à énumérer avec la date de leur séjour le cantonnement de toutes les troupes qui du mois d'août 1914 au mois d'avril 1919 ont été hébergées à Villey au cours de leurs déplacements ou y sont venues au repos : j'ai compté cent soixante et onze corps de troupe françaises, africaines, américaines ou italiennes. Enfin vous rendez en terminant un hommage à votre prédécesseur défunt, l'abbé Boyer qui avait projeté d'écrire ce livre - et qui avait commencé à en réunir les matériaux, un hommage aussi au conseil municipal de Villey qui, par une subvention de 1.000 francs vous a permis de l’illustrer. Puisse, selon votre vœu, la lecture de l’œuvre que nous allons couronner inspirer « aux enfants du village la reconnaissance pour les victimes, le respect pour les survivants, et un vif amour de la France, pour laquelle les uns et les autres ont tant souffert. » Puissiez-vous encore, si je puis, à mon tour, formuler un souhait, con-