RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES. . XX1IX
les documents qui, dans nos dépôts d'archives le concernaient. Il en a fait un livre de 200 pages, illustré, qu’il a présenté à vos suffrages sous une couverture au vert profond de sous-bois, comme il convient à un village forestier. Laissez moi répéter ici, puisque je fus déjà devant votre commission le rapporteur de cet ouvrage, tout le plaisir que m’a procuré sa lecture. Sans doute je ne jurerais pas que M. l'abbé Rolin ait vu toutes les pièces qui auraient pu projeter quelque lumière sur la lointaine histoire de sa paroisse, ni quil ait soulevé tous les problèmes que pose la difficile question des origines, mais j'ai été sensible, et divers comptes rendus parus depuis dans la presse m'ont attesté que cette opinion n’était pas personnelle, à-la clarté de la présentation, à l’élégante sobriété du récit et, pour tout dire, à une rélle distinction de plume. Ce n’est peut-être pas ici toute l’histoire de Champenoux mais c'en est, certes, quelques chapitres parfaitement composés. Votre commission a goûté notamment ce souci, très actuel, de situer le village dans le cadre forestier dont il est inséparable, d'insister sur les incessants échanges de la nature et des hommes.
Au terme d’une brumeuse histoire de plusieurs siècles, Champenoux passa entre les mains des religieux de Saint-Evre et devint le siège d’un prieuré bénédictin. L'auteur en profite pour exalter la mission civilisatrice des grands ordres. Peut-être cet éloge est-il 1c1 peu justifié, puisque les religieux quittèrent d’assez bonne heure le village, vers le milieu du xvi® siècle, et qu’on ignore au cas présent la liste de leurs bienfaits. Les nombreuses libéralités que les habitants de Champenoux consentirent en faveur des moines attestent pourtant la bonne entente qui régna entre eux et la population. Sur l’origne de la seigneurie vouée, M. l’abbé Rolin nous apporte peu, mais il décrit avec détails, à partir du début du Xv1® siècle, en quoi consistait cette vouerie. À mesure que se déroulent les siècles, l'historien a pu glaner davantage et par touches successives, camper devant nous grands et petits, faibles ou puissants, toute la population du village. A la fin du xvire siècle, la seigneurie vouée fut aghetée par Jean de Mahuet, seigneur de Saulcy : la