RAPPORT SUR LES PRIX DF VERTU XXXVII
sans elle, beaucoup de difficultés à continuer son métier de cultivateur. Jeune maîtresse de maison, modèle de piété filiale, si vaillante et déjà si entendue, bonne bien que timide, elle fait l’admiration des habitants du village, en assumant une tâche que l’on croirait au-dessus de ses forces, et cela modestement, sans bruit, avec courage, ce qui dénote un caractère sérieux, une énergie peu commune. N'est-ce pas imprudent de récompenser une si jeune fille et de garantir, pour ainsi dire, une vertu qui n’est qu’à son aurore ? Non, le passé répond de l’avenir. Ce bel exemple donné par cet enfant de la terre a retenu vos suffrages et vous avez attribué, sans hésitation, à Mile François un des prix de la fondation Pister. :
C’est par un chemin montant que l’on parvient à une maison de Boudonville (1), habitée par les époux Galineau, et appartenant au Bureau de Bienfaisance. Yvonne Haudeville est née à Nancy en 1898, elle épousa, à la fin de la guerre, M. Galineau, d’une famille de cultivateurs d'u département de la Vienne: il servit d’abord dans un régiment d'infanterie, puis il suivit une escadrille de bombardement dans tous ses déplacements, comme ouvrier spécialisé. Les jeunes époux, fixés pendant quelque temps à Tours, vinrent en Lorraine, à la mort de la mère de M. Galineau. Six enfants sont nés, le dernier est âgé de quatre ans. Tous, élevés avec une douce fermeté, sont remarqués par leur politesse, leur propreté, quoique la mère soit de santé médiocre, mais elle est aussi courageuse que modeste. Mme Galineau a d’ailleurs reçu des félicitations officielles pour la bonne tenue de son ménage. Ces enfants sont régulièrement envoyés à l’école et au catéchisme. Comme le lui permet sa profession de tailleur, M. Galineau travaille chez lui; à son gain s’ajoute, depuis quelques mois, le modique salaire du jeune Lucien, apprenti à la Maison Vaxelaire, et qui a déjà obtenu le premier prix de l’École d'apprentissage. C’est avec une légitime fierté que les parents montrent cette médaille, témoignage rendu à l’assiduité et au bon travail de leur
(1) 158, rue de la Colline, Nancy.