XXXVI SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
Me Berg doit redoubler de labeur, en dépit de la fatigue et d’un tempérament peu robuste; nuit et jour, elle est au poste de dévouement, se privant de tout ce qui pourrait être distraction ou délassement. Ajoutons que le ménage est parfaitement tenu.
Votre Compagnie ne saurait trouver une meilleure occasion de placer un des prix Charles Bour.
Mme Valentin, née Wendel, habite Nancy (1), et travaille à la Manufacture des Tabacs. Elle est veuve de guerre, son mari ayant été tué à Fey-en-Haye, lui laissant deux fils qu’elle a fort bien élevés. Pendant longtemps, elle a eu à sa charge sa vieille mère, qui ne l’a quittée que pour aller chez son fils devenu veuf. En 1926, Mme Valentin recueille sa sœur malade, que son man, — un Roumain, — a abandonnée après la naissance d’un petit garçon. À la mort de cette sœur, qu’il avait fallu placer dans une maison de santé, elle adopta son enfant qui n’est pas toujours facile, le soignant comme une vraie mère. Avec son salaire, -— elle n’a jamais rien reçu de personne, — cette femme de cœur fait face à toutes les nécessités de l'existence. Une visite à Mme Valentin vous laisse l’impression d’une haute dignité de vie, dans un intérieur qui est un modèle d’ordre et de décence. C’est ainsi qu’elle a mérité la distinction qui lui est aujourd’hui conférée.
A Manonviller (2) réside M. Auguste François, blessé de guerre, proposé pour la Médaille militaire, qui eut encore la jambe broyée lorsqu'il travaillait à la terre. en 1923. Sa femme, née Augustine Thuot, est morte jeune, laissant quatre petites filles. L’ainée, Geneviève, — qui a quinze ans, — fait le ménage, va aux champs, soigne les animaux, s'occupe du linge, prépare les repas. Cette petite fille s’est sentie, devant la nécessité, des entrailles et des forces de mère, veillant à l’éducation de ses jeunes sœurs, tout en secondant si bien son père, qui éprouverait,
(1) 10 bis, rue de la Charité, Nancy.
(2) Manonviller, canton de Lunéville.