XLVI SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI
J’apprécie en ce moment toute la sagesse du précepte de Des Préaux :
Imitez de Conrard le silence prudent,
précepte qui n’a point ici sa banalité ordinaire, car Conrard, le père de l’Académie française, fut le premier secrétarre de l’illustre compagnie et, paraît-il, le modèle des secrétaires. |
Les règlements de l’Académie de Stanislas n’ont pas été inspirés par la sage réserve de Conrard. Vos traditions ont une autre source. Force m'est donc de les suivre, car le propre d’une Académie est de respecter les traditions, sinon elle ne serait plus une Académie.
Vous avez déploré la perte d’un ancien membre titulaire, M. Georges Le Monnier, et de quatre associés-correspondants, M. Auburtin, Ms Herscher, MM. Edmond Henry et Magnant.
M. Georges Le Monnier, professeur honoraire de botanique à la Faculté des Sciences, était né à Bordeaux le k mars 1843. Élève à l'École normale supérieure, alors que Pasteur dirigeait les destinées scientifiques de cette maison, M. Le Monnier y reçut une vaste culture attestée par les licences de mathématiques, physique et sciences naturelles. En 1869, après un court séjour à Niort, M. Le Monnier revint à l’École avec le titre d’agrégé-préparateur pour la botanique et la minéralogie. II y retrouva Dastre, Ditte, Violle, Bichat, Tannery. Collaborateur de Van Tieghem, dont il fut le premier élève, il soutint une thèse remarquable en Sorbonne. Nommé, en qualité de chargé de cours d'histoire naturelle, à la Faculté de Besançon, puis à celle de Poitiers, M. Le Monnier devient, en 1877, le premier titulaire de la chaire de botanique, récemment créée à Nancy. La botanique avait eu déjà un maître passionné à la Faculté en la personne d’Alexandre Godron, premier doyen, dont M. Le Monnier devait rééditer la Flore lorraine. M. Le Monnier sut continuer la tradition de ce savant et, durant trente cinq années