VIII SOUHAITS DE BIENVENUE À LA DÉLÉGATION POLONAISE
Galerie des Cerfs, fournit un local, qui sembla tout d’abord assez favorable, et l’autre tint ses réunions dans une salle voisine : c’est aujourd’hui le Musée lorrain, dont vous ne sauriez manquer, Messieurs, de visiter les collections : vous y trouverez maints souvenirs de Stanislas, qui vous intéresseront.
Le dessein de constituer, à Nancy, une bibliothèque publique avait été suggéré au Roi par Pierre-Joseph Lapimpie, chevalier de Solignac, qui, chargé d’une mission en Pologne, s'était fixé à Varsovie, avait entrepris d'écrire l'histoire de ce royaume et s’était attaché à Leczynski, lors de sa deuxième et malheureuse tentative de monter sur le trône, jadis occupé par Jean Sobieski, le sauveur de la Chrétienté, avec notre duc Charles V, à la victoire de Vienne. Stanislas ne fut pas difficile à convaincre, car il aimait les livres. Un édit du 28 décembre 1750 fonda la bibliothèque et un second, daté du même jour, institua deux prix annuels, en faveur de Lorrains, l’un pour les sciences, l’autre pour la littérature et les arts.
Solignac fut nommé bibliothécaire et quatre censeurs lui furent adjoints, à la fois pour le choix des ouvrages et pour le jugement des concours : tel fut le noyau de notre Compagnie.
Solignac, qui appartenait à plusieurs académies, et venait d’être associé à l'Académie des Inscriptions € Belles-Lettres, de Paris, avait persuadé, très aisément d’ailleurs, au monarque, de transformer ce corps des censeurs de la bibliothèque en une académie, qui grouperait autour d’eux les personnalités ecclésiastiques, littéraires, artistiques, judiciaires et scientifiques de la cour et de Nancy.
Mais La Galaizière, le puissant chancelier, s’y opposa : il craignait qu’une compagnie autonome, ainsi formée de l'élite de la province, ne réveillât les souvenirs de l’ancienne nation lorraine et ne rappelât les bienfaits de la dynastie ducale.
Ce qu’on n’avait pu obtenir de l’ombrageux ministre, on le réalisa par un biais : des censeurs adjoints furent créés, qui prirent l’ habitude, avec le bibliothécaire et les censeurs titulaires, de se réunir, tous les jeudis, au Palais