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SOUHAITS DE BIENVENUE À LA DÉLÉGATION POLONAISE IX

ducal, dans une salle voisine de la bibliothèque. Ils s’occupaient du choix des livres et du jugement des concours, leur mission propre; mais, comme il leur restait du temps, et qu’ils étaient des travailleurs, ils se communiquaient les résultats de leurs labeurs et en discutaient en toute compétence et courtoisie.

Ainsi, existait en fait, chaudement encouragée par Sa Majesté polonaise, une « académie », sous le nom plus modeste et moins inquiétant de Société littéraire.

Mais, si prudente füt-elle, cette Société n’entendait pas travailler dans l’ombre : elle voulut s’agréger des notabilités du monde scientifique et littéraire et se concilier les faveurs du public lettré. Elle décida de tenir, chaque année, trois assemblées solennelles : le jeudi qui suivrait la fête des Rois; le 8 mai, fête de saint Stanislas, qu’elle avait choisi pour patron, et le 20 octobre, anniversaire de la naissance du Roi, son protecteur.

La première séance publique eut lieu, le 3 février 1751, dans la Galerie des Cerfs; elle avait été précédée, le matin, par une messe du Saint-Esprit, dans l’église primatiale, la cathédrale actuelle; toute la noblesse et la magistrature, la municipalité, le clergé séculier et régulier et les personnes les plus distinguées de la ville y assistèrent : ce fut un événement, à Nancy.

Non seulement la Société littéraire avait brillamment conquis droit de cité; elle avait attiré sur elle l'attention de philosophes, de poètes, de savants dont la France était fière : Montesquieu, le président Hénault, Fontenelle, La Curne de Saint-Palais, Saint-Lambert..., Tercier qui avait longtemps séjourné en Pologne et qui en connaissait parfaitement la langue. … sollicitèrent la faveur d'y être associés.

Montesquieu, dans sa requête, avait écrit au monarque : « Sire, il faudra que Votre Majesté ait la bonté de répondre elle-même à votre Académie du mérite que je puis avoir... » Le mot était prononcé; mais, pour ne pas effaroucher son chancelier, Stanislas ne l’adopta pas : le 27 septembre 1751, il imposa à la création de Solignac, comme titre Officiel, le nom de Société royale des Sciences et Belles- Lettres de Nancy.

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