‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 70 sur 114 · LA GÉNÉRAL BARON DE VINCENT LXXXIX · texte numérisé non relu

LA GÉNÉRAL BARON DE VINCENT LXXXIX

Lorraine, le château de Lesse. Maintenant qu'il avait accompli fidèlement la volonté paternelle, en servant, de toutes ses forces, les descendants des anciens princes lorrains, il allait pouvoir s’adonner sans réserve aux soins de sa riche bibliothèque, et de la magnifique collection de monnaies et médailles qu’il avait recueillies avec passion, au cours de sa vie. |

Un dernier service cependant le réclamait encore. Nancy le vit, le 9 novembre 1826, accompagner au nom de l’empereur François II, les cendres des princes et princesses de la Maison de Lorraine aux caveaux de la chapelle ducale. « Ainsi, écrivait dès 1826, le vicomte de Villeneuve-Bargemon, c’est un Lorrain, élevé aux grades les plus marquants dans l’empire d'Autriche, qui a présidé à cette religieuse expiation. En y trouvant le gage le plus honorable de la faveur de son souverain, bien due à de longs, éminents et loyaux services, S. Exc. le baron de Vincent a pu se convaincre également de la satisfaction générale que ce choix a fait éprouver à des compatriotes pleins d’estime pour ses talents, comme pour ses hautes qualités. »

Je ne voudrais pas en rester là, Messieurs, sans vous citer encore ces quelques lignes de la baronne du Montet, datées de 1828 : « M. de Vincent ne demande plus rien à l’avenir, mais il compte encore sur des printemps, car il plante chaque automne, et la nature coquette et gracieuse pour lui, hâte la végétation de ses enfants d’adoption. Ce solitaire se survit à lui-même, presqu'à son siècle, tant 1l a traversé d'événements importants et vu de hautes vicissitudes. Il n’a de paroles amères pour aucun événement, car ce n'est pas d'hier qu'il désespère de la société européenne. Les fausses pompes des cours, l'éclat de la gloire, la fumée des combats, n’ont pu voiler son regard scrutateur qui, depuis longtemps, a plongé dans un abîme sans fond. 1] a prévu tous les revers, et jugeant les hommes de son temps trop faibles pour soutenir l'édifice social, il a renoncé à l’avenir, il pèse les siècles passés, il en a recueilli les médailles. »

Le général de cavalerie baron de Vincent est mort à Nancy, dans son hôtel de la rue d’Alliance, le 9 novembre

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