‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 76 sur 114 · RÉPONSE DU PRÉSIDENT AUX RÉCIPIENDAIRES XCV · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU PRÉSIDENT AUX RÉCIPIENDAIRES XCV

que la France doit exiger, pour son salut. C’est pourquoi, à travers les siècles, chaque fois que la France fut en danger, c’est en acceptant les directions lorraines qu'elle fut sauvée ». De ce témoignage, soyez remercié, Monsieur, par vos compatriotes. Les érudites démonstrations qui l'ont appuyé, lui donnent une incontestable valeur.

« Pour refouler l'invasion germanique de 1914, nous disiez-vous encore (1), les Français de toutes les provinces sont venus à la rescousse des Français des Marches de l'Est et du Nord-Est, foulées par l’envahisseur ».. et, « dans cet enfer que fut la bataille de la Grande Guerre », si « la vaillance de tous s’est affirmée éclatante, celle des fils des pays de marches s’est révélée plus émouvante.

« Ceux qui se sont battus dans les jardins où, enfants, ils jouaient ; dans les champs ou les bois où, jeunes hommes, joyeux et confiants, ils portaient leurs rêves... ceux qui ont vu flamber, comme une torche, leur vieille demeure et qui ont tremblé pour les êtres très chers qu'ils y avaient laissés, ceux-là ont gravi le douloureux calvaire qui exige un effort surhumain. »

Ce calvaire, sans défaillance, vos deux frères l’ont gravi, eux dont vous avez eu la pieuse pensée de recueillir, comme dans un écrin de famille, tout ce qui les concernait : lettres, rapports, citations (2). Avant de tomber, tous deux, à quatre jours d'intervalle, en septembre octobre 1914, sur le front de la Somme et de l’Artois, ils

ont fait de leur corps un rempart au plateau qui les a

vu naître... et le plus jeune, Henri, le dimanche 6 septembre, d’une tranchée près de Courbesseaux, eut l’angoissant et douloureux spectacle de votre Réméréville en flammes. « Cette grande lueur, écrivit-il, était sinistre. surtout pour moi! » Poignant laconisme!

Vous ne la vites pas, Monsieur, cette lueur, employé que vous étiez alors à la défense de la Voëvre, avec le

(1) Zbid., p. 7.

(2) Deux soldats lorrains. François Berlet, capitaine au 37° régiment d'infanterie (1880-20 septembre 1914); Henri Berlet, sous-lieutenent au 269° régiment d'infanterie (1882-2 octobre 1914). Berger-Levrault.

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