RÉPONSE DU PRÉSIDENT AUX RÉCIPIENDAIRES XCNII
les champs, remis en culture, donnent. comme par le passé, des récoltes abondantes et variées... et, ce qui est trop rare à notre époque, la commune a presque regagné son effectif de 1914; elle compte, aujourd’hui, une cinquantaine d'enfants d'âge solaire : c'est le sixième de la population; beau gage d'avenir!
Là-bas, vous n'êtes pas seulement un administrateur, un conseiller, un animateur : vous donnez lPexemple de l'attachement à la terre, car la Grande Guerre a changé l'orientation de votre vie. Vous avez renoncé à vos travaux historiques, pour vous consacrer à votre village et à votre domaine familial, dont la direction était vacante après la mort au champ d'honneur de votre frère François. Vous vous reposez toutefois des souris que vous apporte cette importante exploitation rurale, en évoquant, par de patientes investigations, vos souvenirs de famille ou en vous livrant à des études philosophiques et littéraires.
C'est ainsi que vous nous avez offert une biographie du Général comte Grandiean (1), Fun des chefs de la Grande Armée, et que vous venez de nous brosser, d’une main ferme, une esquisse nette, pénétrante, discrète, de l’œuvre en partie double de votre parent, Stanislas de Guaila.
En ce petit-lils du général Grandjean, lun des agonothètes de notre Compagnie, vous nous avez fut goûter le poète, aux pensées personnelles, aux vues souvent profondes, aux vers si parfiitement ciselés, et, en vous écoutant, captivés par les extraits que vous nous avez lus,
nous nous sommes pris à regretter — ne serait-ce pas aussi votre sentiment” — qu'une lecture Fait détourné
du culte des Muses et orienté son àme inquiète et tourmentée, qui se sentait 1vi-bas comme dans une prison et aurait voulu percer le mystère des choses, vers la
(1) Un général lorruin. Le général comte Grandjean (1768-1H2%). dans Mém. Ac. Stan., 1930. ‘Tiré a part, 1Y30.
Sarix Vi,t. xxx, 1932 G