LE DUC CHARLES J]I] AUX EAUX DE SPA
Mousson avec Mr le marquis, c’est-à-dire son fils ainé, Henri, et M: de Vaudémont, c’est-à-dire son troisième fils, François (fol. 37, 39 vo).
Le samedi 25 août, le duc et ses deux fils reviennent à Nancy (fol. 42). Le voyage est terminé, mais le compte des dépenses se continue jusqu’au 31 août, ce qui prouve que ce compte n'est pas spécial à ce voyage. :
Quoiqu'il eût donné des pouvoirs étendus à son second fils, le cardinal Charles, dans lequel il pouvait avoir pleine confiance (1), le duc n’a point cessé, pendant ce voyage, de s’occuper des affaires de l’État. Nous en trouvons la preuve dans l'envoi de nombreux courriers qui vont porter à Charles III des dépêches urgentes. Nous ignorons par malheur le contenu de ces dépêches; nous ne connaissons que le nom de l’homme qui en était chargé et ce que son voyage a coûté : 149 francs 6 gros à Pierre Leclerc, courrier de Son Altesse, pour être allé le 14 août en poste à Stavelot, où était alors le duc, et où il était envoyé par M: le marquis pour les affaires de guerre; Pierre Gérard, courrier, porte au duc, à Liége, des lettres sur ces mêmes affaires; Jacques Maucervel, autre courrier, va deux fois à Spa avec des lettres de Mer le marquis et du cardinal de Lorraine, et chaque voyage coûte 190 francs; Demenge Michel, garçon de poste à Nancy, reçoit 25 écus d'Espagne pour un voyage à Spa; Félix Petit, courrier, va deux fois à Spa et reçoit 30 écus pour chaque voyage; Pierre Gérard, qui est déjà allé à Liége, va aussi à Spa et reçoit 25 écus; Gérard Brunessault, maître de la poste de Pont-à-Mousson, touche même somme pour aller à Spa porter des papiers sur les opérations militaires èn cours. Enfin M. de La Bastide fait au moins deux voyages à Spa vers Son Altesse, et comme il s’agit là d'un assez haut personnage (2), la dépense
(1) Né le 1er juillet 4567, Charles venait donc d’atteindre vingttrois ans et avait montré de bonne heure un grand sens des affaires.
(2) La famille de Mauléon de La Bastide, originaire de Guyenne, appartenait à l’ancienne chevalerie. Celui qui va à Spa est peut-être Jean-Blaise, qui était devenu capitaine des gardes vers 1586, et qui sera sénéchal du Barrois en 1607 (Mém. Soc. archéol. lorr., 1869, p. 84, 408).