LE DUC CHARLES III AUX EAUX DE SPA
totale s'élève à 235 écus (1). Tant de messages en une quinzaine de jours prouvent que le duc se fait tenir au courant de tout ce qui advient dans ses États et sur ses frontières.
Charles III se trouva-t-il bien de $a cure aux eaux de Spa? Ce qui donne à penser que sa santé en ressentit quelque amélioration, c’est qu'il y revint, en août 1599, avec son fils, le cardinal Charles, qui était encore plus arthritique que lui et qui mourra de ce mal un an avant son père (2). Pendant qu'ils y séjournaient se produisit cet événement que nous avons rapporté précédemment, le passage en Lorraine de l’infante d’Espagne, Isabelle- Claire-Eugénie, et de son mari, l’archiduc Albert d’Autriche, qui s’arrêtèrent à Nancy et y furent reçus pompeusement par deux des fils de Charles II], Henri, duc de Bar, et François, comte de Vaudémont. Comme ils
continuaient leur voyage vers les Pays-Bas, les archi-
ducs rencontrèrent à Pont-à-Mousson Charles III luimême et le cardinal, qui revenaient de Spa en toute hâte pour les recevoir, ayant peut-être écourté leur cure (3). Enfin, en 1605. le duc charge Claude Clément, son sommelier, d'aller à Spa lui chercher de l’eau de la source (4), preuve qu’il avait gardé toute sa confiance dans la valeur thérapeutique de cette eau.
(1) Tous ces voyages, avec les dépenses afférentes, sont relates dans le compte du trésorier des guerres pour 1590 (B 1225, fol. 267, 268, 270, 271, 280, 283, 285).
(2) Ce voyage de 1599 est mentionné par le Dr DoNNaDtFu, op. cit., p. 147, qui n'indique pas ses sources. Le Dr Donnadieu ne parle point du voyage de 1590 qu'il parait n'avoir pont connu.
(3) Mém. de l’ Acad. de Stanislas, 1914-1915, p. 75-84.
(5). Arch. de M.-et-M., B 1289.
Skiur VI, t. xxXIX, 193: 4
Par M. Julien THOULET
ANCIEN MEMBRE TITULAIRE
M. Julien Thoulet, professeur honoraire à la Faculté des Sciences de l’Université de Nancy, après avoir été membre titulaire de l’Académie de Stanislas, de 1893 à 1913, devint correspondant quand, prenant sa retraite, il est allé à Paris. Les anciens de notre Compagnie ont gardé un vif souvenir de son charmant discours de réception, prononcé le 7 mai 1896, et savent avec quelle passion notre confrère s’est voué de tout temps à l'étude physique de la mer. Sans exagération et sans faire tort à personne, on peut le considérer comme le créateur de l’océanographie dans l’enseignement supérieur en France.
Outre un voyage à Terre-Xeuve, chargé d’une mission par le Gouvernement, Thoulet a fait avec le Prince de Monaco plusieurs campagnes océanographiques; il a été en outre, pendant plusieurs années, chargé d’un cours d’océanographie à l’École supérieure de Guerre de la Marine. |
On peut se demander comment ce marin « de laboratoire », ainsi qu’il s'intitule lui-même, a pu arriver à voir clairement et sans doute possible, ce qui se passe sur le fond et au milieu de la masse des eaux de l’Océan, inaccessibles tous deux à l’homme lui-même. J'ai répondu à cette question dans le volume de l’année académique 1927-1928. Entré aujourd’hui dans sa quatre-vingt-neuvième année, notre vénéré confrère, qui. n’a pas oublié notre Compagnie, ce dont nous sommes très touchés, continue avec la même lucidité d'esprit ses recherches dans le laboratoire mis à sa disposition par l’Institut Océanographique de Paris, et le nombre des notes remises par lui à l’Académie des Sciences, toutes insérées dans les comptes rendus, dépasse aujourd’hui croyons-nous le chiffre respectable de 130.
La planète Mars doit, dit-on, son nom à la coloration rouge de sa surface.
L'analyse spectrale démontre que la matière cosmique, dans l’univers entier se compose qualitativement des mêmes éléments chimiques mais n’affirme rien au sujet de la composition quantitative de ceux-ci. Certains éléments doivent très probablement exister en proportions plus grandes ou plus petites et 1l doit en être ainsi des éléments constitutifs de l’eau. La Terre a relativement beaucoup d’eau, Mars en possède notablement moins et la Lune, sans eau ni air, si elle en a possédé autrefois n’en a, plus aujourd’hui.
Murray admet avec toute apparence de raison, après son étude des divers océans terrestres, que l’Argie rouge abyssale est l’ultine résultat de la décomposition des minéraux dits volcaniques riches en fer. De même que la Terre, Mars aurait donc eu une période volcanique productrice de ces minéraux en même temps qu'une période océanique qui, du reste, y existe encore quoique beaucoup moins importante que sur la Terre. La planète possède en outre une atmosphère aérienne susceptible de provoquer l’oxydation des minéraux oxydables. L'Océan de Mars, d’étendue restreinte, n’aurait-il pas pu provoquer la formation des plaines marécageuses de la planète, l'existence de volcans sous-marins avec leurs lapilli, la rubéfaction de ceux-ci accompagnant leur oxydation, l'extinction de ces volcans et, partiellement, le desséchement de plus en plus complet des portions inondées, phénomènes 1dentiques à ceux observés sur notre globe?
L'Océan Pacifique dont le lit est en presque totalité recouvert d'argile rouge avec ses volcans nombreux et actifs est dans sa jeunesse. L’Atlantique dont le lit est au contraire en presque totalité recouvert de vase à globigérines calcaire blanche est un Pacifique déjà vieilli, d’autres portions de nos océans, aux volcans éteints ou presque éteints sont plus vieux. Mars plus petit, presque sans eau, l’est davantage encore puisque tous ses volcans ont disparu ne laissant que la trace rouge de leurs minéraux oxydés et étalés sur de vastes
plaines marécageuses. Enfin la Lune, sans eau ni air, est absolument morte. Ainsi se succéderaient suivant un rythme identique les diverses phases de la vie des astres (1). ;
(1) Voir à ce sujet les très intéressants dessins pittoresques de la planète Mars exécutés par M. Lucien Rupaux et publiés dans l’Ilustration, n° 4596 (4 avril 1931), p. 410 : Z.a planète Mars la plus semblable à la Terre. Voir également mes divers mémoires relatifs au volcanisme océanique abyssal publiés dans les Annales de l'Institur Océanographique, années 1924, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930,
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