‹ Mémoires de LekainChapitre 10 sur 114 · ET SUR LART THEATRAL. XXXV · texte numérisé non relu

ET SUR LART THEATRAL. XXXV

^ et nulle sensibilité. » Je puise dans la nature même du génie de Diderot la cause de ce bizarre paradoxe ; en effet , il était doué d'une intelligence étendue et active , mais il manquait de sensibilité ; ses écrits en sont la preuve. L'enflure du langage, qui suit partout l'exagération dans les idées, le caractérise. Diderot comprend tous les principes abstraits et toutes les conséquences des choses , et il n'entend rien aux facultés mobiles des sentimens. Son style , généralement emphatique et déclamatoire , ne reçoit jamais les influences variées qu'impriment aux écrivains sensibles et délicats leurs émotions intérieures , si diverses et si multipliées. Son esprit était capable d'enthousiasme, et son cœur n'avait pas de passion ; car il s'exaltait toujours, et n'était jamais profondément pénétré. De là son éloquence uniformément élevée , et ce ton monotone de grandeur qui ôte à ses discours la souplesse et le naturel. Comparons la simplicité touchante et la suprême énergie des ouvrages de Jean -Jacques avec

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