‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 92 sur 153 · XVI. SUR LA COLLECTION · texte numérisé non relu

XVI. SUR LA COLLECTION

temporain d’Auguste, confondu d’abord avec son père, qui portait le môme nom ; Claudius Marcellus, contemporain de Caton, fils du héros delà seconde guerre punique; C. Persius, loué par Cicéron ; C. Sergius, cité par Pline l’Ancien ; Tacite, le grand historien ; Appuleius, et les empereurs Gallien et Numérien. A plusieurs orateurs, déjà connus, il rapporte de nouveaux fragments, comme on le verra surtout au chapitre de Caton le Censeur. L’ordre des chapitres est aussi modifié en plusieurs points, et quelques erreurs de chronologie ou d’interprétation sont soigneusement corrigées, soit d'après les recherches personnelles do M. Meyer, soit d’après les travaux récents de M. Drumann sur l’histoire des grandes familles romaines*. Ainsi, dans la première édition, p. 221, il citait un discours de Labiénus pro Bathyllo Mœcenatis d’après un témoignage de Sénèque le père, qui nous apprend au contraire que Gallion avait écrit une réponse au discours de Labiénus contre Bathyllc. L’erreur a disparu du nouveau recueil; on voit qu’elle importait fort au jugement que nous devons prononcer sur le caractère du républicain Labiénus, si loué par Sénèque pour sa résistance obstinée aux séductions du pouvoir d’Auguste et de ses favoris. La première édition, sur la foi d’un passage d’Aulu-Gelle, peut-être altéré par les copistes, attribuait au troisième Métellus, au Numidique , un discours de proie augenda, dont il existe deux fragments curieux ; M. Meyer restitue maintenant ce discours à Métellus le Macédonique, selon le témoignage bien plus vraisemblable de YEpitome de Tite-Iive (ïib. LIX) qui nous apprend qu’ Auguste le fit lire en plein sénat pour appuyer une de ses lois nouvelles de maritandis ordinibus. Les étranges et sévères maximes contenues dans les fragments qu’Aulu-Gelle a transcrits, conviennent parfaitement au caractère du vieux

1 Histoire de Rome durant le passage de la constitution républicaine d la constitution monarchique, ou Pompée, César et leurs contemporains, 4 vol. in-8 (en allemand, Kônigsbergÿ, 1834-1838.

censeur, comme à l’intention d’Auguste. Elles auraient moins d’autorité peut-être dans la bouche d'un contemporain de Marius.

Quelque soin d'ailleurs qu’ait mis M. Meyer à ces corrections minutieuses, il ne faut pas croire que son travail ne laisse plus rien à désirer, soit pour le nombre des faits, soit pour Pe*actitude des inductions ou des notices biographiques.

Il a porté de 126 à 158 le nombre des orateurs. On peut aujourd'hui augmenter encore cette liste, surtout si l’on y admet, comme l’a souvent fait M. Meyer, des auteurs dont le nom seul nous ost parvenu. Nous le montrerons par quelques exemples :

Page 221 de la première édition, et 513 de la seconde, un scholiaste d’Horace, cité à l’occasion de Valérius Messala, mentionne comme orateur, à ce qu’il semble, un certain Pédius Publicola, que M. Meyer ne place pas à son rang parmi les orateurs contemporains.

Page 531, édition nouvelle, M. Meyer distingue avec raison , comme je le remarquais plus haut, deux orateurs du nom de Passiénus. N’en faudrait-il pas reconnaître un troisième, d’après ces vers d’une épigrammo de Sénèque que M. Meyer a transcrite lui-même, p. 535?

Crispe, fuies dulnis, Latiique acerrima virtus,

Cujus Cecropio peclore mella madeni ;

Maxima facundo vel avo vel gluria patri.

Le même nom aurait donc été porté par trois orateurs dont le dernier ne doit peut-être qu’à une flatterie de Sénèque la place honorable que nous réclamons pour lui, à côté de personnages plus illustres.

Ajoutons brièvement à ces deux orateurs quelques noms plus ou moins digues de l’oubli où on les a laissés jusqu’ici :

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