‹ Mémoires de Louis-Auguste Le PelletierChapitre 8 sur 49 · Père de l'auteur des Mémoires · texte numérisé non relu

Père de l'auteur des Mémoires

mais on peut en rappeler icy les faits principaux au moyen des commissions et certificats qui ont été conservés.

Il commença à servir en 1669 ; avant ce tems-là, l'on voit une commission à son nom, signée du duc Mazarini de la Meilleraye *, Grand Maître de l'artillerie, daltée du 6 février 1666, pour servir en qualité de commissaire ordinaire sous les ordres de M. le mareschal d'Aumont, gouverneur de Paris; mais comme il n'avoit alors que onze ans, il n'a jamais pris datte de service de ce tems-là, mais plutôt de 1669.

C'est en cette année qu'il fit sa première campagne *, à l'âge de treize ans et demi, au siège du fort de Saint-Sébastien, et il pensa en mourir de fatigue.

Les premières campagnes qu'il fit ensuite furent celles de la guerre d'Hollande ^.

En 1672, il servit aux sièges d'Orsoy, des ville et fort de Reez, d'Emerick, du fort de Skenck, de Nimègue, Doësbourg, Bommel, Navagne, Crèvecœur, Kossembourg-

En 1673, au siège de Maëstrickt.

En 1674, à la bataille de Sénef, à la levée du siège d'Oudenarde, aux sièges de Dinant, d'Huy et de Limbourg.

En 1675. à ceux de Condé, Bouchain, d'Aire et du fort de Linck.

En 1676, à la levée des sièges de Maëstrickt et d'Elembourg.

En 1677, au siège de Valenciennes, puis au siège des ville et citadelle de Cambray, où il fut blessé ; ce fut la dernière campagne qu'il fit avec son père à la mesme armée.

En 1678, il s'est trouvé à la bataille de Saint-Denis près de Mons, où le prince d'Orange fut battu par le mareschal de Luxembourg. Le Pelletier eut un cheval tué sous luy en cette occasion en présence de M. du Metz, commandant de l'artillerie K

1. Armand-Charles de la Porte de la Meilleraye, duc de Mazarin, Grand Maître de lartillerie le 16 avril 1648. Le cardinal Mazarin lui fit épouser en 1660 sa nièce, Hortense Mancini, et lui transmit ses titres.

2. Commission de Michel Le Pelletierà son fils, Laurent-Michel, pour exercer l'emploi de garde de l'artillerie au siège de Saint-Sébastien.

3. Voir aux Pièces justificatives les certificats de services.

4. Pierre-Claude Berbier du Metz, commissaire extraordinaire vers 1050, maréchal de camp le 4 août 1676, lieutenant général le 24 août 1688, tué à Fleurus en 1690.

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Il fui l'ail clicvalicr de Saiiil-La/.art; dt; Jérusalem et de Noire- Dame du Moul (laniiel le .'{ janvier 10«2 et depuis lors fut apjjelé le Cfwvallvr Le Pellrtier.

11 fut hlessé au siè^'c dt; Luxeinlionrg, et co, fut luy qui, apiv'-s la prise de celle' place, lut cliartfé de traiter des cloches ' avec les habitants et ecclésiasli(pu;s (pii payèi'cnt :}()()() palagons; le siè<^e avoil duré vingt-six jours de tranchée ouverte.

Au mois (iavril 1G89, il eut ordre de se rendre à l'armée (pii s'asseml)loit à Slrashourg, pour y servir en qualité de major sous M. le manpiis (!(> la Frezelière '^. Après la campagne, autre ordre de se i-endre à la résidtMicede Mayence sous M. le marquis d'Uxelles, et il gaigna si fort la confiance de l'électeur que celuy-ci luy lit présent de quatre petites pièces de canon, qu'il ne voulut prendre qu'après que M. de Louvois, alors ministre de la guerre, luy eut marqué que le Roy y consentoit.

Il se trouva à Fleurus en 1090, et obtint le département de Monlroyal la même année, aïans le grade de commissaire provincial depuis le 29 novembre 1689.

II commanda en chef l'artillerie au siège de Rhinfeld.

A partir de 1G90 Le Pelletier eut des commandements importants.

Montroyal, ville principale du département d'artillerie auquel il avoit été nommé en cette année, étoit une des plus fortes places qu'il y eut en Europe. Louis XIV l'avoit fait bâtir dans la situation la plus avantageuse, près du château de Trarback, dans une presqu'île formée par différents contours de la Moselle, entre Goblentz et Trêves; cette place, qui fesoit trembler toute l'Allemagne, fut rasée après la paix de Riswick. Elle avoit coûté au Roy, à fortifier, 7 800 000 livres y compris Trarback, Kirne et Ebernebourg; il y avoit un des plus beaux arsenaux qui fut en France. ^Monseigneur, fils de

1. Après la prise d'une place, les cloches et tous les instruments de cuivre appartenaient au Grand Maître de l'artillerie, la ville payait une rançon, dont il gardait la plus grosse part, en distribuant le reste aux officiers et canonniers.

2. Marquis de la Frezelière (Jean-François-Angélique Frézeau), commissaire extraordinaire en 167o, brigadier le 29 janvier 1702, maréchal de camp le 26 octobre 1704, lieutenant général le 12 novembre 1708.

Louis XIV, avoit été très content des dispositions que Le Pelletier y avoit prises, comme il est marqué dans les Mémoires d'artillerie de Sl-Rémy *.

Le chevalier Le Pelletier fut fait lieutenant d'artillerie le 1" janvier 1693; il sortit de Montroyal en 1698, lorsque cette place fut démolie, il fit alors sa résidence à Saarlouis, puis en 1700 à Verdun, qui avoit été ajouté à son département.

En 1702, il eut, par ordre datte du 6 juillet, le commandement de l'équipage d'artillerie de l'armée de la Moselle. Il fut employé sous les ordres de M. le marquis de Villars, lieutenant général, lequel, voulant gagner le bâton de maréchal de France, s'empara de Neubourg sur le Rhin, ce que n'avoit osé faire M. le maréchal de Catinat, de l'armée duquel M. de Villars commandoit un détachement, trouvant l'entreprise téméraire. Ensuite M. de Villars alla chercher le prince Louis de Bade en passant le Rhin à Huningue, les ennemis l'attendant de l'autre costé avec tout l'avantage.

Ce fut dans ces circonstances que M. Dou ville *, lieutenant d'artillerie, vint rejoindre la petite armée de Villars avec quelques brigades de la grande armée du Roy. Il prétendit, étant le plus ancien, commander l'équipage. Le chevalier Le Pelletier répondit qu'aïant le commandement de l'artillerie de l'armée de M. de Villars par un brevet particulier, personne ne pouvoit lui ôter ce commandement sans être revestu d'une commission pareille à la sienne. Ces deux officiers disputèrent leurs droits devant toute l'armée, en présence du marquis de Villars, avec tant de politesse et de bienséance, que cela leur fit infiniment d'honneur, et l'on cita longtemps cet incident pour exemple en pareil cas.

Le marquis de Villars donna gain de cause au chevalier Le Pelletier et M. Douville se retira, après avoir laissé son artillerie dont on avoit besoin.

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