‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 131 sur 302 · TEXTE DS QUELQUES PENSÉES DE MONTAUSIBR. €CXVII · texte numérisé non relu

TEXTE DS QUELQUES PENSÉES DE MONTAUSIBR. €CXVII

toajonrs yeillaDt pour la conservation des siens ; on bien s*il veut prendre pour modèle le Dien des Ëpicariens, toajoars oisif et endormi, sans soin et sans action ; on les dieux des poètes, adultères, incestueux, ivrognes, voleurs, trompeurs, fourbes, violents, ravisseurs, jaloux, envieux, malfaisants, et adonnés à toute sorte de vilenies, de vices et de crimes?

Voici le n» xxiii.

Sur les devoirs à quoi V obligent les qualités cP homme, de roi,

de chrétien.

S*il ne se ressouvient pas incessamment quMl est homme , roi et chrétien, et s*il ne se représente pas en toutes occasions à quoi ces trois qualités Tobligent; savoir : celle d'homme à être humain, bon^ doux, compatissant à tous les hommes , à regarder leurs infirmités comme y étant sujet, et que par sa nature il n'est point an-dessus d'eux , etc. ; que la qualité de roi l'oblige à considérer qu*il est établi pour régir et gouverner les autres, pour les proté* ger, les défendre, leur faire justice, les rendre heureux, etc.; et la qualité de chrétien l'oblige à connattre, à aimer et à servir Dieu, i le foire honorer par les autres, à venger ses injures, à prendre sa cause en main, k bannir l'impiété , à faire fleurir la religion, à reconnaître les grâces qu'il a reçues de lui, à en bien user, etc.?

Ce n'est pas de Dieu, c'est de l'Église (rappelons-nous la division des sous-cahiers) qu'il est question dans la méditation suivante, rapportée par J. Rou :

Stir ses égards pour la cour de Rome.

Si quand le Pape et les évéques demeurent dans les bornes ecclésiastiques, et ne se mêlent que des choses qui regardent la foi et la religion, 41 n'a pas pour eux un très-profond respect et une

ccnm DE LÀ coMPoaiTUw dbs véhoirbs.

obéissance filiale; mais si dans les affaires He la relifioo ils ^Peulent méier de la politique Immaine et se coodnire par ses règles» changeant leur crosse on sceptre et leur tiare en casque^ il ne les considère pas comme des personnes séculières, et le Pape comme un prince temporel et s'il n'agit pas contre eux comme avec tous les autres hommes?

Cette réflexion est d'un langage ferme qui va droit au but. L'auteur n'a pas su toujours garder aussi bien la mesure, et dire avec simplicité les choses simples. Ventil recommander au prince de ne point attendre d'être sollicité pour faire du bien à tout le monde, de ne pas discontinuer l'exercice des bienfaits, de s'appliquer, comme Dieu, à faire du bien à tous ses sujets, alors toutes les images, toutes les couleurs de style que peut prêter lade^ vise dusoleil, si étrangement utilisée déjà dans l'Épltre au Dauphin, font invasion sous la plume stérile de Hontausier; ce sont autant d'idylles, on se croirait dans une bergerie. Il est plus honorable pour la réputation littéraire de Montausier qu'on ne cite pas ces trois méditations conservées par J. Rou. II mériterait cependant d'être mis au pilori, à cause des efforts de style dont elles portent témoignage : on ne saurait douter qu'il regardait ces phrases laborieuses et vides comme de belles phrases. Il aime cette manière d'écrire ; on la retrouve avec moins d'exagération dans une autre méditation : sur ce que le prince doit répandre en bienfaits sur ses sujets tout ce qu'il tire d'eux par les subsides.

Là encore

Le prince est obligé d*en user comme la mer, qui rend à là tore par des conduits souterrains toute Teau qu*elle reçoit d'elle par

STYLE DE CES MÉDITATIONS. rxXlX

les ruisseaux et par les riTières; il doit Caire de son épargne comme le soleil fait des nnes, lorsque après les avoir formées des tapeurs qu*il attire de la terre il les lui rend toutes, ayec un ayantage pour elle, par des pluies douoes et féeondes qui la rendent fertile.

Ces diverses méditations, et une autre de forme plus saine, où il engage le Prince à recevoir, comme Dieu, les prières des misérables, n'ont place ni dans le manuscrit, ni dans l'esquisse du Biographe de 1729. La dernière qui nous reste dans les Mémoires de J. Rou met sur la voie d'un long développement reproduit ou recomposé par le Biographe. Voici la question posée dans J. I^ou :

Sur ce que les auteurs de révoltes sont seuls punissables et non pas

tous les complices.

SMI se met bien dans Tesprit que tous les auteurs des soulèvements et des rébellions, et les personnes puissantes qui y sont entrées, sont principalement et même uniquement ceux qu*il faut châtier, mais non pas tous les complices, et cela pour Texemple seulement, parce que ce sont toujours les premiers qui sont cauee du mal, les peuples étant comme la mer et eux comme les vents, celle-ci demeurant toujours tranquille si ceux-là ne remuent ?

La réflexion qu'on lit dans la Vie de Montausier^ n'a pas les allures habituelles de son style ; outre qu'elle est plus étendue, la forme a quelque chose d'oratoire qui ne lui est pas ordinaire. Sans avoir aucun motif de douter que la pensée soit de lui, on remarquera qu'elle sent pour le langage les plaintes politiques du ivin"" siècle.

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