‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 182 sur 302 · On m : « Opieoe · texte numérisé non relu

On m : « Opieoe

2. En marge, on lit: « pour un autre endroit. » La réflexion cependant est là dans le texte des Mémoires.

a. Elle n*a pas été développée.

sur cela tootes les précautions possibles, comme visiter tes malades, les séparer, et les faire demeurer campés en lieu éloigné.

B, Ce n'est pas assez de penser aux affaires présentes, il s'en faut préparer pour Tavenir. Les desseins que l'on prend à la hâte ne sont jamais bien digérés. Quand on y pense avant le temps, on a loisir de les diriger (?).

B. J'ai fait reconnaître Ttle de Jersey ' et j'ai fait mes projets pour m'en saisir.

B. Ayant épuisé mes magasins par l'armement de mer que j'ai fait , je les ai fait promptement remplir.

Gremonville, mon envoyé près de l'Empereur, ayant fait difficulté de quitter le deuil a ses noces , alléguant qu'il n'y avait que quatre mois que la Reine ma mère était morte, je lui ai donné ordre de le quitter, et je lui ai envoyé de l'argent pour cela.

Conismark, ambassadeur de Suède , était chargé de me faire de grands compliments et de grandes protesta* tions d'attachement de la part de cette couronne, me prier de leur fournir quelque secours d'argent pour l'entreprise de Brème, m'assurer qu'ils n'avaient pris parti contre le Danemark que parce qu'ils avaient estimé que

1. On ut : « Gerxé. »— Le duo de Maxarini avait étéohargédo cette reoonnaisftance. Dane une lettre du 24 Juillet, Louis XIV lui en parie i luimême: « Votre lettre du 7 de ce mois m'a été rendue ; le sieur de Louvoia m*a lu aussi le Mémoire que tous lui a?ei adressé , touchant les tles de Jersey et de Guemesey : je le trouve fort bien raisonné , et la proposition, outre qu'elle est fort judicieuse par la rencontre du temps et par la facilité des moyens , marque bien une passion pour mon service , et pour ma gloire, digne du nom que vous portes... Mais, comme il est bon d'avoir plus d'un dessein, je serai bien aise d'être informé de ce qui se pourrait faire à l'égard de Ttle de Wight.» {Œuvrei de Louis A/F, I. V, p. 381.)

je pencherais aussi du cdté d'Angleterre, l'ayant ainsi conjecturé sur quelques conférences qu'ils avaient eues avec mes ambassadeurs, et m' offrir leur médiation pour raccommodement de cette affaire laquelle j'ai bien voulu accepter pourvu qu'ils l'offrissent aussi au Roi de Danemark.

Nouvelles du gain de la bataille par les Hollandais ' , ensuite desquelles j'envoyai ordre au duc de Beaufort de revenir incessamment dans la Manche pour se joindre avec les Hollandais, et tenir les Anglais enfermés dans leur lie sans aucun commerce.

Yivone, avec douze de mes galères, en ayant rencontré sept d'Espagne, dont deux seulement étaient armées et les cinq autres désarmées, leur voulut faire baisser rétendard suivant Tordre qu'il en avait de moi. Mais

1. Il y eut une terrible rencontre entre les deux flottes, qui étaient à pou près également fortes et animées. Celle des Hollandais , commandée par Ruyter, ayant Tromp sous ses ordres, comptait 83 vaisseaux sans les yachts et les brûlots ; celle des Anglais était de 80 foiles outre les brûlots, sous Monck, duc d'Albemarle, et le prince Palatin Robert. Le prince Robert s'en détacha a?ec une division pour marcher à la rencontre du duc de Beaufort qui avait reçu Tordre de passer de la Méditerranée dans l'Océan. La lutte fut acharnée et indécise, d'abord pendant deux jours , le 11 et le 12 juin. Le troisième, Monck, qui était le plus faible et qui avait le plus souffert, opéra sa retraite, mais lentement et ûèrement, du eftté de la Tamise. Sur le soir, le prince Robert, qui n'avait pas rencontré Beaufort, lui amena 21 vaisseaux frais. De là, un quatrième jour de combat, auquel l'intrépide Ruyter se prépara, lui, et tous les capitaines convoqués à son bord , par les plus énergiques résolutions. On lutta de neuf heures du matin à six heures du soir, entre le Voorland et les sables de Flandre ; la mêlée fut épouvantable ; les Anglais , après de grandes pertes, échappèrent par la fuite, gi'àce à un épais brouillard. Une dépèche du comte d'Estrades à Louis XI V, datée de La Haye, 17 juin 1666 , cite ces faits si récents. Dans le dernier jour , Ruyter perça deux fois la flotte ennemie, prit six grands vaisseaux, en coula six à fond (Mignet, Négoe. relaL à ta tucc. (fiùsp., t. I., p. 481).

50 lODRNAI.

elles, aimant mieux se rendre prisonmères, il crut qu'il n'y aurait pas de gloire à les prendre avec tant d'avantage y et sachant qu'elles étaient chargées des bardes de rimpératrice les renvoya, les faisant seulement pas-* ser au-dessous du vent, pour marque de supériorité qu'il avait sur elles.

N'ayant plus rien à craindre du côté de TAngleterre, je renouvelai mes pensées du côté de la Flandre.

B. Je donnai sur les frontières des ordres pour tenir prêtes toutes sortes de munitions en cas que j'en eusse besoin, principalement des farines que l'on faisait sépar rément en chaque place pour ne pas donner de soupçon.

B. J'envoyai Yauban, ingénieur, visiter Bouchain.

Après avoir pris séparément les avis de tous ceux dont je vous ai parlé ', je tins un conseil pour l'affaire du jansénisme, dans lequel je résolus de faire premièrement exhorter ces quatre évèques, et ensuite de demander au pape des commissaires pour leur faire leur procès.

Je fus pressé des Hollandais pour avoir quelque argent dont ils prétendaient avoir besoin pour faire venir les vaisseaux danois [qui ne s'étaient obligés par le traité que de défendre aux Anglais l'entrée de la Baltique ; mais je m'en défendis en leur disant que j'avais fait assez de dépense et pour m'armer moi-même et pour aider le Roi de Danemark].

B. Je fis entendre à Van Beuningen ^ comme par hasard qu'il ne se fallait pas défier les uns des autres, et sur ce qu'il me dit qu'il n'y aurait que l'entreprise de

Page 1