‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 206 sur 302 · I. Voir l'élude tar U conpoaitioa des Mémoiret · texte numérisé non relu

I. Voir l'élude tar U conpoaitioa des Mémoiret

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gée depuis le milieu du 1 1* cahier. On voit, par Tétendae du volume, que les cahiers sont de force inégale ; quelques-uns n'ont que six, huit, ou môme cinq folios. En marge de chaque alinéa a été mis un chiffre, peut-être au moment où on relisait l'ensemble du travail : la main qui corrige indique quelquefois, au moyen de ces chiffres, quels alinéa sont à garder, c'est-à-dire à retirer, quels autres à prendre, c'est-à-dire à introduire dans le texte définitif.

Celte seconde rédaction, complétée par la première pour les parties que l'on n'a plus, à la rigueur, forme un tout. La manière large et espacée dont tout cela est écrit donne aux textes un faux air de manuscrit de Louis XIV: cette analogie les a fait conserver. On a donc voulu plus tard avoir un double de ce travail qui semblait si précieux ; on en a fait une copie qui tient sa place dans nos volumes manuscrits (t. I, f* 321-428). Ces folios contiennent, à quelques pages près, tout le travail des vingt cahiers B, sans corrections, sans ratures ; le copiste, quand il rencontre quelque difficulté ou variante de texte, saute par-dessus, il s'arrange à avoir toutes ses lignes bien nettes , bien propres ; ses pages sont un modèle d'écriture, sinon toujours de discernement et de raison. L'éditeur des Œuvres de Louis XIV (1806) a trouvé fort à sa convenance un duplicata qui épargnait beaucoup d'embarras : il n'y avait qu'à le reproduire. C'est ce qu'il a fait: il copie tout simplement ce texte manuscrit du t. I, P 324-428, et mettant à la suite les cahiers 24-34 de la première composition , il fait ainsi tant bien que mal un ensemble de l'année 1666.

Il n'a pas Pair de se douter qu'à côté des pages manuscrites provenant de deux rédactions diflérentes, qu'il amalgame, ily en a beaucoup d'autres qui demandaient un sérieux examen et méritaient la préférence.

Ces deux premières compositions ont un vice radical

ÉLÉMENTS DE LA TROISIÈMB UÉDACTION. 93

que ne présente pas la troisième dont il nous reste à parler, elles se traînent sur le Journal du Roi où les faits et les idées s'entassent avec un aussi étrange désordre, elles sont d'une lecture fort difficile et peu attrayante : on ne saisit pas de lien entre les événements, un sujet est brusquement quitté, un autre succède sans raison aucune ; c'est, comme dans le Journal, une série de petits morceaux détachés; le tissu manque de solidité, et les réflexions ainsi que les faits vont à la dérive. Ces textes des Mémoires, sans suivre pas à pas, c'est-à-dire alinéa par alinéa, le Journal, en sont pour la confusion la trop fidèle image. Malgré leur peu de mérite , il est heureux qu'ils aient été conservés : ils portent témoignage en faveur de leur origine, on ne saurait douter que le travail primitif du Roi en ait été la base, puisque les rédacteurs ont poussé le respect à ce point qu'ils ont compromis leur réputation d'auteurs plutôt que de se risquer à mettre un peu d'ordre dans Iç péie-méle des pages royales. Nous avons tenu à publier le Journal inédit de 1666 comme les manuscrits le donnent. Un Journal, fruit de notes isolées, peut se passer d'ordre et de méthode. Mais des Mémoires supposent un travail d'ensemble, une ordonnance régulière, surtout quand ils ne sont pas un premier jet, et qu'ils empruntent d'ailleurs la matière des récits et des réflexions. Eh bien I ici ce serait un triste spectacle de confusion qu'on nous reprocherait justement de renouveler» si nous faisions à ces deux compositions A et B, qui sont le développement du Journal, l'honneur d'une . reproduction complète. Nous nous en servirons par fragments et sous forme de variantes, comme pièces de comparaison, en regard de la troisième composition.

La troisième rédaction ne ressemble pas, môme extérieurement, aux deux précédentes. Ce n'est pas la même écriture; les pages sont plus serrées. Les fautes d'orthographe, quelquefois grossières et bizarres, feraient croire

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qu'elles ^ontde la main d'un copiste, non de l'auteur qui les a ^composées. L'écriture se rapproche de celle de M. de Périgny, qu'on reconnaît certainement dans les corrections de ce texte, comme dans celles des précédents ; il semble que pour le texte on ait chercbé à imiter sa main. Les alinéa ne sont pas cotés par des numéros comme dans le texte B.

La différence de composition ressort de l'examen des textes A et B. Dans bien des parties du texte C, les rédactions antérieures sont bouleversées; les pages C ont de la suite et de l'ensemble; on a élagué des développements inutiles. Ce n'est pas encore un chef-d'œuvre d'histoire politique et de style, mais l'effort et le progrès ne sauraient être contestés. On en jugera.

Le texte C a été composé le dernier, et d'après le texte B. Cela saute aux yeux. En marge de la première page , la main qui écrit le tout a mis : 1666 R. La lettre R veut dire : refait, revu, relu. Cette lettre significative correspond au mot : fait^ qu'on lit en tôte de divers cahiers du texte B. Presque partout où le texte C présente une surcharge, l'ancienne phrase du texte B est en transparent sous la correction : ainsi le rédacteur a devant lui le texte antérieur, très-souvent il le reproduit sans aucun changement; quelquefois, après avoir eu l'intention de ne rien changer, il se ravise et barre les phrases déjà écrites; mais elles n'en restent pas moins lisibles. Voici, par exemple, le premier alinéa du texte C, tel qu'on l'avait d'abord copié du texte B :

« La mort du roi d'Espagne et la guerre des Anglais « contre les Provinces-Unies étant arrivées presque en « même temps, offraient à la fois à mes armes, deux imu portantes occasions de s'exercer^ l'une contre les Espaa gnolsj pour la poursuite des droits échus d la Heine pm^ « le décès du Roi son père^ et l'autre contre les Anglais, « pour la défense des Etats de Hollande. »

SUPÉRIORITÉ DE LA TROISIÈME RÉDACTION. 9ft

Qu'où le relise dans le texte C définitif: on y verra les ehangements faits aux parties de phrases que nous soulignons ; ils sont en interligne au manuscrit. U est bien évident que le texte B a précédé, et que le dernier rédacteur s'en est servi. Quand nous donnerons ce texte G, pour éviter de multiplier les notes, nous nous contenterons de souligner les phrases sous lesquelles on peut lire au manuscrit le texte antérieur.

Notre texte préféré fhit partie de ces mêmes volufnes de la Bibliothèque Impériale. (8. Pr. 2381.) Grouvelle, Téditeur de 1806, en a parcouru négligemment les cahiers auxquels il fait allusion une fois ou deux dans ses notes, comme à des brouillons sans importance. Il n'en cite pas une seule page. Ces cahiers l'embarrassaient : il n'en retrouvait pas l'ensemble, c'étaient pour lui des fragments détachés. Nous sommes heureux d'avoir pu en recomposer la série complète. Voici où il faut les chercher dans les manuscrits qui rendaient la tâche facile à un observateur persévérant puisque l'écriture est partout la même , et que les cahiers portent tous en tête des numéros d'ordre. Les huit premiers cahiers forment une masse compacte, au t. n, P 188-250. Le neuvième est au t. III, ^ 180-196; le dixième suit presque immédiatement, au delà du ^ 197 qui est un brouillon isolé, i^ 198*205. Le cahier onzième et dernier est au t. II, f^ 275-278 ; il est si bien la continuation du précédent qu'il commence au milieud'une phrase dont les premiersmots sont donnés parle ^205 du t. m. Les cahiers ont généralement huit folios ; le troisième en a cinq,le cinquième dix, le onzième quatre. Voilà donc plus de quatre-vingt-deux folios négligés jusqu'ici : en les publiant pour la première fois, en les oonfh)ntant à chaque page avec les textes antérieurs , nous croyons fournir à chacun les moyens de mieux apprécier ces fomeux Mémoires de Louis XTV. L'année 1666 «ai bien assurément la plus curieuse, par tant d'essais et

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de remaniements successifs depois les petits feuillets de la main du Roi dont on n'a que des lambeaux, jiiscfu'aux développements de la troisième composition, que nous rétablissons dans son intégrité. Cette composition est seule véritablement complète: les cahiers par lesquels s'ouvrait ie premier texte ne nous sont pas arrivés entiers; la fin du second texte manque tout à fait. Mais on a assez de Tun et de l'autre, dans leur état singulier de désordre, avec leurs formes prolixes et luxuriantes, pour juger de la supériorité de ce troisième texte que M. de Périgny a peut-être composé, qu'il a du moins corrigé, comme il a lait de toutes les pages importantes écrites pour les années 1666 et 1667.

Les manuscrits ne donnent de table, d'analyse pour aucun de ces trois textes. Il ne serait pas facile de réduire à des termes courts et expressifs les pages si confuses des deux premières compositions. M. Grouvelle a tenté l'entreprise : il a mis des titres indicatifs devant chaque article, eu ayant soin de prévenir en tête du second volume {Œuvres de Louis XlVy 1806) que ces titres ne sout pas dan:? les manuscrits originaux. Ces titres réunis forment une table, à la fin du môme volume. « Gomme les matières ont souvent peu de liaison entre elles, l'éditeur, dit-il, a cru que ces titres en rendraient la distinction et la lecture plus faciles. » La Table aurait été bien ingénieusement faite si elle avait été plus claire que le texte : il aurait fallu pour cela déguiser beaucoup de détails qui se succèdent sans aucun ordre. L'éditeur de 1806, en marquant d'un titre chacun des développements, ne pouvait pas réussir à donner une bonne idée de ses manuscrits. C'est avec plus de confiance que nous analysons le texte inédit qu'on va lire. Les faits et les réflexions se groupent d'une manière toute simple et toute naturelle, autour d'idées principales : les détails, dans notre Table comme dans le texte, ont la place secondaire qui

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