RAISONNER ET PRENBBB AVIS
ils font et conseillent toujours ce qu'ils estiment de mieux, parce qu'ils sont persuadés que la faveur, le crédit et Vélévation où ils aspirent , ne se donnent qu'à proportion du zèle et de la fidélité que chacun témoigne '.
Pour^ conserver Tancien usage pratiqué par mes
1. A et 6, Vidée est rendue aloBi : « qu'ils ne sauraient faire la moindre démarche, bonne on manTaiso, qui ne les approche ou ne les éloigne du crédit qu'ils veulent acquérir. » — La réflexion se prolonge dans les textes X, A et B (Y. le Supplément aux Blémoires de 1G66, n" 8).
2. Le lecteur trouvera qu*on passe bien brusquement, sans aucune transitlooi aux affaires de Turquie. Il paraît que Le rédacteur du texte G a été embarrassé pour leur donner une place convenable. Lui-même d*abord, il avait songé à mettre, à la suite des réflexions qui précèdent, et dont l'occasion a été fournie par les affaires d'Espagne et de Portugal, des fiiits qu'on lira plus loin, et qui concernent é£^lement l'Espagne. C'était sa première intention ; en voici la preuve. Nous sommes ici dans le courant du 5* cahier. Les réflexions ne se terminaient pas tout à (ait avec le r* 219 V*: elles enjambaient sur une autre page, où sont exposés les antres Cslta qui se rapportent à l'Espagne (^ 224 r<>, qui est aussi du &* cahier). Le rédacteur a changé d'avis : il a eflkeé lee premières lignes de ce f^ 224» et les a transportées an bas du f 219, comme pour témoigner de son changement de résolution et indiquer visiblement qn'il adoptait un nouvel ordre de composition générale. En effet, les affairée de 'Turquie ouvrent le f*. 220. Puis viendront les aflkUres avec les Iroquois dn Canada, les négociations avec Tunis et Alger. Ces derniers faits ramènent naturellement à ce qui se passe dans la Méditerranée, c'eft<-à-> dire au nouvel incident avec l'Espagne {(• 224). Les relations avec l'Espagne conduiront aux relations avec l'Empire, etc. Is rédacteur a donc mieox aimé suspendre les récits se rapportant à l'Europe, derrière des réflexions assa longues qui servent comme de rideau pour fermer la scène. Maintenant apparaissent des acteurs nouveaux. H n'a pas voulu différer davantage à parler du démêlé avec la Porte, qui s'est engagé au eommeneement de cette année 1666. D'ailleurs, si le théâtre des événements est changé, c'est le même ordre d'Idées à Constantinople et à Madrid, et les réflexions suggérées par la conduite maladroite des conseillers de la Reine mère en Espagne ne peuvent-elles pas s'appliquer à riraprévoyance dn grand visir, qui a failli, pour une inimitié personnelle, exposer la Perie è une rupture avec la Franee? Ces serupoles de composition étaient
iii MÉMQIBBS POUR 1666.
ambassadeurs, d^ tenir un amb^adeur en Torquie, }*^y^}» cl)oi$i ppur aller ^ ejfi c^ite pour, Ia Hayie, fii3 4u précéd^pt ambassadeur, lequel copoaiçsait sans dpute inieil^ que tout autre, les manières de cptte nation ', avec laquelle il avait traité longtemps sous son père.
Mais ', une haine particulière qui s'était contractée entre lui et le grand visir qui était alors, rendit la préçpnce 4e ce «[^inistre fort dommageable à mes affaires. Car il était arrivé que le grand visir, laissant sa place i son QIs, lui avait laissé aussi toute su haine : en sorte que La Haye fils , arrivant sur les lieux, y trouva pour capital ennemi celui-là même avec lequel il avait à négppier toutes choses.
]\ * en reconnut Teffet dès son arrivée, par le refus
inoonnos aux rédtcteon des Icxles antérieum A et B. -» Pour l'aftiire de Turquie, V. )e Joumal, p. 46.
1. A, 2* cahier, t. II, ^ S62: c sur la fin de Tannée dernière. » — tfoui rappelons que depuis ce 22? cahier du texte A» le texte B nous manque (V. p. 91).
2. A, on lit: « de cette nation mal pdie, et les manières d'agir qui sont particulières en cette cour. » Os mots ont été barrés.
9. Le texte A, rapproché do notre texte G, sans l'intermédiaife B qui <§mondalt tteancoup de détails inutiles du texto A. paraît bien plus re> dondant. Nous ne reproduirons pas les phrases oiseuses de ce premier texte î bornons-nous aux changements easenUels pour les faits, tes appréciations ou le style. — 4> on lit tout ceci : « J'avais même pris toule tfi précaution que la prudence me pouvait suggérer t car a?ant qne de le faire partir d'ici, j'avais lait demander précisément au grand vt«lr s'il n'aurait point de répugnance pour sa personne. Mais dansl'extrfime envie qu'avait ce ministre ottoman de revoir un ambassadeur français i la Porte, il ne m'avait voulu faire aucune difficulté, cachant de telle sorte raversion qu'il avait pour La Haye que ceux qui lui parièrent de mm part n'eurent pas même lieu d'en former le moindre soupçon. »
4. A. « Dès la première conférence, il parut peu d'agrément» entre eoa deux ministres; les choses, continuant à s'aigrir de part et d'antre^ éc]a<> tèreot enfin 4 leur secoiule entrevue. »
niMlIIOSNCB PU GIUND VISIR. 155
opiniâtre qn^o^ fit de lui accorder les mêmes traitements que venait tout nouvellement de recevoir un ambassa- ^ur de FEmpereur ^ Car outre que le grand visir est presque maître absolu de toutes choses, il avait eocpn^ pris soin de prévenîrle Grand Seigneur contre La Haye, en Iqi faisant entendre ^ que c'était à Vinstigation d^ ce ministre que j'avais permis wx corsaires franç^s d*interrompre le commerce dQ l'Archipel par les courses qu'ils y ayaient faites.
La Haye, piqqé de ce refus et s'en voulant éclaircîr dans sa première audience, n'en regut aucune satisfaction, et eut tant de chagrin de voir que sa querelle particulière faisait préjudice à mes intérêts ', que non-seulement il protesta de se retirer à ma cour, mais il jeta brusqpement les capitulations qu'il tenait roulées, du eêté du grand yisir, lequel prétendit en avoir été frappé*
Ceux qui savent comme ce premier ministre fiait seul i la vue du public toutes les fonctions squveraines, et qu'il reçoit aussi dans le pays tous les honneurs souvelaips, ne douteront pas qu'il ne se tint terriblement ^Sensé par cette action, tant par la considération de son prince, dont on avait j^té le sceau par terre, qu'en sa propre personne sur laquelle ce coup avait porté.
1. A. « Le mien prétesdiil aree nAton qu'il m devait recevoir encore de meilleturs. •
2. A : « que Ia Hâve flU t'était trouvé persoDoellement engagé daqe Poe Intrigue dee Vénitlent, que c'était par «et oonseilg que j'avais envoyé mes troupes en Hongrie... »
a. A. Ce membre de pbrase est tourné ainsi : « vivement tooché soit de mon intérêt ou plutôt du sien propre (car il a Apercevait l>ien que c'était i leur querelle particulière que cela devait s^iipputer), se traoA* porta de telle sorte que... »
156 MÉMOIUES POUR 1666.
Aussi fit-il retenir La Haye dans le palais même où l'action s'était passée comme dans une espèce de prison. Mais ensuite, faisant réflexion sur le caractère d'ambassadeur dont cet homme était honoré, et sur * le ressentiment que je pourrais avoir du traitement qu'il lui ferait, il témoigna quelque chagrin d'être engagé dans cette affaire. Et, en effet, déjà le peuple de Gonstantinople disait ouvertement qu'il avait tort, et ceux de la Porte, qui n'étaient pas dans ses intérêts, disaient ^ que c'était une mauvaise politique d avoir voulu, pour des démêlés particuliers, s'attirer un ennemi tel que moi.
Ces considérations le portèrent à chercher diverses voies d*accommodement. Et la première qu'il essaya fut de tenter le marquis de Guitry, maître de ma garderobe (qui était allé à Gonstantinople par pure curiosité), de se charger de l'ambassade, lui ^ offrant tous les bons traitements qu'il pouvait désirer; mais parce qu'il ne le trouva pas disposé a se charger, sans ordre, d'une pareille affaire ^ il pria le premier Bâcha, l'un de ses plus proches parents, d'adoucir l'esprit de La Haye par des paroles d'honnêteté, après lesquelles il lui rendit lui-