‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 249 sur 302 · A. « par des recommandations mendiées · texte numérisé non relu

A. « par des recommandations mendiées

4* A. « des pages de toutes conditions, desquels on exigeait, wus pré^ texte deturéê (ces mots ajoutés en interligne ressemi^lent à l'écriture de lA»uis XIV), de certains petits tributs qui se partageaient entre tes o0iciers subalternes. •

GRAm)E ÉCURIB M Wt* NIVTBLlfiS FRANÇAISES. 171

dreiom noi-mèrae de nommiN* tom les pages, de leur faire ftartager avec ceox de la petite éeurie tous les services domestiques qu'île me reudaient , et de choisir pour leur inslruction les meilleurs maîtres de mon Etat.

Le fruit que je prétendais tirer de M était, i Tégard du publie, de donner une excellente éducation i un grand nombre de gentilshommes, et, pour mon intérêt particulier, d'avoir continuellement des gens qui sortant de cette école entreraient plus capiArfes et plus aflectionnés à mon service que le commun de mes sujets K

J'eus ^ encore un autre soin qui regardait principalement les gens de condition, mais dent leffet se r^andait ensuite sur le général du royaume. Je savais les sommes immenses qui se déboursaient par les particuliers^ et se portaient sans cesse hors de TÉtat, par te commerce des dçntelles ' et des manufactures étrangères. Je voyais que les Français ne manquaient ni d'industrie ni d'étoffes pour faire eux-mêmes ces ouvrages, et je ne doutais point qu*étant faites sur les lieux^ elles ne se pussent donner à beaucoup meilleur prix que celles qu'on faisait venir de si loin *. Sur ces coq-

1 . A, eeei «st «footé t « oatre i|ae, dois les projets ^e je faimle eonttnueUement povr U gu.errt, il éUrtt nécoeeaire d'aToir toujoum nne qvantHé de ehetiux en état. • Une eorrectlon, ^ semble être de ta main de i.oiils XIV, unit ainsi : « en état de nervir au àesom, »

2. Tout ce qui suit »ar l'Industrie de luxr est dniH 4e texie At à la fis do 30* cahier, ai au comoMiieemefit do 31% t. III. f^ 66-S9, l'ordre dei idées tocidentas est on peu changé (V. le Journal, p. 7i).

3. A. « des points oo passemantt de Gôaes, Venise, Flandre et antres lieux. >

4. (Mà.réAmim al la.n^TMrte aont moins nettoramH morcfoéas aq texte A.

172 MÉMOIitBS POUR 1666*

sidératioDS, je résolus d'en établir ici des fabriques, doot Teffet serait que les grands trouveraient de la modération dans leurs dépenses, que le menu peuple profiterait de tout ce que les riches dépenseraient, et que les grandes sommes qui sortaient de TÉtat y étant retenues ^ y produiraient insensiblement une abondance et une richesse extraordinaires. Outre que cela fournirait de Toccupation à plusieurs de mes sujets, qui jusqu*alors avaient été obligés ou de se corrompre ici dans Toisiveté ou d'aller diercher de remploi chez nos voisins ^.

Cependant, comme les établissements les plus louables ne se font jamais sans contradiction, je prévis bien que les marchands de dentelles traverseraient celui-ci de tout leur pouvoir, parce que je ne doutais pas qu ils ne trouvassent mieux leur compte à débiter des marchandises venues de loin et dont le juste prix ne pouvait être connu, que celles qui se feraient ici ^ à Ja vue de tout le monde.

Mais je me résolus à retrancher par mon autorité

1. A. « plus de dosxe mUlion» par an. • La phraie du texte A où ee chiffre est avancé se termine par quelques lignes ajoutées en marge, d'une écriture serrée qui ne parait pas ordinairement. On croirait presque que c'est la nuUn de Colberi, 8*J1 écrivait Jamais aussi lisiblement ; le sujet est bien de son domaine : • somme considérable, qui ajant accoutumé de sortir de France, et s'y trouvant à présent retenue» ne peut qu'y produire avec le temps une airandance tout extraordinaire. • Le Jouraal (p. 71) a conduit à cette phrase.

2. A, l'expression est un peu différente : € Je trouvais un assuré moyen d'occuper tous ceux de mes sujets qui manquent d'emploi, et de les retirer d'une oisiveté qui ne pouvait que corrompre leurs mœurs aussi bien qu'affaiblir leur fortune. »

a. A, ces mots : « à la vue de tout le publie, » sont «Joutes pour dore la phrase déjà terminée.

MANUFACTURBS. PORTS. CANAL. 173

toutes le» chicanes qu'ils pourraient faire ^ Ainsi je leur avais donné un temps suflBsant pour vendre ce qu'ils avaient de dentelles étrangères, alors que mon édit fat publié ^. Et ce temps étant expiré, je fis saisir tout ce qui se trouva chez eux comme venu depuis mes défenses ; pendant que, d'autre part, je faisais ouvrir des maga* sins remplis de la nouvelle fabrique, auxquels j'obligeais les particuliers de se fournir.

Cet exemple fit établir en peu de temps dan» mon État beaucoup d'autres manufactures, comme de draps, dé verres, de glaces, de bas de soie, et de semblables marchandises '.

Je recherchais surtout avec soin le moyen d'augmenter et d'assurer le commerce de la mer à mes sujets, en

I. A. t tootet les difflenltéi qoe leor arUflee y eût pa faire nattre« * 3. A, le ton eti bien molos simple et l'expreisloii molos lollde : « Peur leur 6ter Déanmoins tout sujet de plainte (ce membre de pbrase rat ajouté en interligne), je fis publier, dès ie mois de juin, la résolution que j'atait prise à ce sujet, et en même temps je fis défense à tonte personne de fsire désormais trafic en mes Ëlats de ces marchandises étrangères, à peine de confiscation (ces derniers mots sont ajoutés). Mais, eomme beaucoup de négociants ne crurent pas que ces fabriques fussent sil6t en état, ils pensèrent qu'ils trouTcraient toujours le moyen de débiter en secret les marchandises défendues, et ne laissèrent pas d'en faire Tenir de dîTers endroits. En quoi Ils forent trompés dans leurs conjectures. Car, ceux que j'atais chargés de Telller sur cet établissement y firent si bonne diligence, qu'au mois de septembre suifant. les magasins se trOQTant remplis, j'ordonnai qu'on les ouTrirait en octobre, et aussitôt je fis arrêter chex tous les marchands ce qu*iis afalent fait tenir depuis ma défense. Et, en elfet, il était juste que j'en usasse ainsi, nonseulement pour les punir de la contravenllon ( on corrige ainsi : pour punir en em une désobéissance si manifeste), mais encore pour empêcher que ceux qui, par mon commandement, avaient fiiit leurs avances dans ce trafic, ne demeurassent pas inutilement chargés de marchandises qu'ils avaient préparées. »

S. Le Journal les signale p. 71.

174 Mtw^m PMtt >6Mu

iiewkmlleff pOFU: ^w y^faift plus sûrs^ el trouvittt Ueii d*eD faire de nouveaux. Mais je pria ai Bièfne temps ua autre dessein ' qui B*étaîl pas de moindre utilké : ce toi de joindre ^ par un canal l'Océan à la Méditerranée^ en sorte qu*il ne (ùt plus besoin de faire le tour de l'Espagne poijir passer d'une mer à Vautre. L'entreprise étail grande et diftcile. Mais elle était infiniment avaola^. geuse à mon royaume qui devenait ainsi le centre et ^mme l'arbitre du commerce de toute TEurope. Et il n'était pas moins ^rieux pour moi qui, dans l'acoom^ plissement de ce projet, m'élevais au-dessus des plus grands hommes des siècles passés qui l'avaient inutile<» ment entrepris '.

Outre ces sortes de dépenses , et les autres dont je voujs ai piarlé touchant les armements de terre et de mer, j'étais encore obligé d'en faire plusieurs autres plus secrètes da,ns les négociations quç j^entretenais avec les étrangers ^. U y a,vait chez les Hollandais plusieurs dé^ pûtes auxquels je faisais payer des pensions. [J'en donnais aussi àfi coosidérables à plusieurs seigneurs de Pok)gne pour disposer de leurs voix dans l'élection qui se

t. Cea CaUi «ont dapft le texte A au 2V cahier (U 1II« (9 3-4} : « .««on desiMiiiK plus singulier eL plus importanU » — Le Journal ne parle pas du casai, qoo plus que des portt.

). A. « joindre ensemble. >

3^ A, çeUe phrase a Tair plus ampoulé, parce qu'elle est toute seule; elle p'est pas auienée , soutenue par les réflexions qui ici , dans noire texte C, la précèdent : « L'entreprise me paraissaU d'autant plu» glorieuse, qu'ayant été tant de fois méditée dans les siècles passée , elle n'avait jamais été portée 4 sa dernière perfection. •

4. Ce fait est dans le 4* cahier du texte A, t. Ul, f i67, et du lAXte B, t. 11, r 39 (V. le Jourual, p. 16 et p. 28).

DÊPEim^ SIEGttÊTtS M WfiOBS. 175

iDéditaU K l'entretenais des praskmiuûres en bknde pour y Sûre soulever lesealholkpies ^ cootre les AogkiiSb Et j'entrais en traité ' avec certains transfuges d' Anglesterre auxquels je promettais de'fournir des sommes notâLles pour faire revivre les restes de la faction de Cromwell.] J'avais * fourni cent mille écus au roi de Danemail pour le faire entrer dans la Kgue contre le roi de la Grande-Bretagne, et, depuis, je fis ^ donner un coHier de prix à b reine sa femmc^ j'en fis porter un antre i rélectrice de Brandebourg ^, et fis faire un présent co»* sidérable i la reine de Suède, oe doutant pas que ces princesses, contre les intérêts généraux de leurs Etats, ne se sentissent honorées, en leur particulier, du soin que je prenais de rechercher leur amitié. Sachant quel crédit avait en Suède le chancelier, et çooibien le prince

1. Au même endroit des textes A et B, quelques lignes afiiparaTani , comme au Journal, p. 16. les lestes «joutent : « Je fis fournir, dans le commencement de eette année, une somme eonsidéralile an roi de Pologne pour lui donner moyen de soutenir la guerre oontire ses sujets révoltés. » (V. le Journal au baé de la p. 40). ici, à la marge du texte C, on Ht une phrase biffée depuis s c cent mille écus pour la reine de Pologne. » (V. plus loin dans les Mémoiroan baé de la p. 190 <»l la noie.)

2. A (30* cahier, t. III, T 27 ) : « les catholiques irlandais, lesquels étant toujours fort mécontents de leur condition, semblaient aussi toujours prêts à faire uo effort pour la rendre plus supportable (V. le Journal, p. 64).

3. Au même endroH du texte A (V. le Journal, p. 64). Le même fait sera indiqué avec plus de détail vers la fin de notre texle C

4. Ce fait est au 12* cahier du texte A, t. Il, f 286, du texte B, t. H, f. 111 (V. le Journal, p. 16).

&. Ce fait est au 4* cahier d^ texte» A et B, ainsi que tous ceux qui terminent l'alinéa (V. le Journal, p. I7).

6. A et B, il est question pour cette électrioe d'un premier présent, et, « depuis, poor TengAger plus fSortement encore, d'un fit de perles de grande taleur. » (V, le Journal^ p. 22 et la note 1 de la p. 2i,}

176 MÉNomBS potm 1666.

d'Anbalt et le comte de Schwerin étaient puissants chez rélecteur de Brandebourg, je les voulus gagner par ma libéralité '.

Car enfin, comme d'une part, je travaillais continuellement à retrancher jusqu'aux moindres dépenses superflues, ainsi que je fis cette année en modérant Tustensile des soldats ^, en supprimant la plupart des eommissaires des guerres ', en sursoyant mes bâtiments \

eu*

• . • d*autre part aussi, je n'épargnais aucune somme pour les choses importantes, et principalement pour

1. A. f" 158, t* ni, on lit ces moto i^outés après coup : t moyennant YlngtHieux mille écus partagés entre eux. > C'est la sommme mise an Journal, p. 23. Ils sont fondus dans le récit du texte 6, t. U, f* 40, qui garde la suite de la phrase : « ils me servirent depuis af ee tout le succès que Je pouvais désirer. »

2. A (27«cahier« 1. 111, f« 81) : • Je réduisis à six deniers Tustensile que J'avais auparavant r^lé à un sou par fantassin, et Je mis celui des cavaliers à deux sous au lieu de trois. > (V. le Journal, p. 42, Où on parle du premier règlement ; p. 66, de la réduction.)

8. A. «... lesquels, par le mauvais ménage du temps passé, avaient été multipliés beaucoup au delà des besoins. » (V. le Journal, p. 66.)

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