On Ut d'abord : « téméraires
défense du royaume et consumât si souvent ses biens à soutenir les emplois dont elle est chargée, et que le peu* pie (qui, possédant si peu de fonds \ a tant de tètes à nourrir) portât encore lui seul toutes les dépenses de VÉtai^ tandis que les ecclésiastiques, exempts par leur profession des dangers de la guerre, àes profusions du luxe et du poids des familles, jouiraient dans leur abondance de tous les avantages du public sans jamais rien contribuer à ses besoins ^.
Au milieu de toutes mes autres applications, celle où mon esprit s'attachait davantage était de me mettre en état de retirer des mains du roi d'Espagne les provinces qui m'étaient échues par la mort du roi son père. Et ^ comme rien n'était plus important à ce dessein que de terminer les autres alf aires où j'étais engagé pour les Hollandais, afin d'avoir la liberté d'employer toutes mes forces dans ma propre querelle , je fis premièrement nouer une conférence en Allemagne entre les États et l'évèque de Munster, en laquelle Colbert, maître des requêtes, assistant de ma part, porta bientôt les choses à la conclusion. Et ensuite ^ j'essayai de profiter des bonnes intentions qu'avait la reine d'Angleterre pour faire la paix avec le roi son fils.
1. B, on lit : « fournit tant de soldats.* » pok ceci est i^outé en interligne : « a tant de (êtes à nourrir. »
2. A, it 7 a, à la fin de ces réflexions, un long dételoppement qu'on lira dans le Supplément aux Mémoires.
3. Ce fait est au 8* cahier du texte A, t. Il, f*' 267, et du texte B. t. U, f* 77 (V. le Journal, p. 31).
4. Cet autre fait est au début do 9« cahier do texte A« t. H, f^ 368, à la fin du 8* cahier du texte B, t. II, r» 77 (V. le Journal, p. 31.)
APF. ÉTRANGÈRES. NÉG0G1ATI0!! AVEC l'ÉV. DB MUNSTER. 213
Le premier ' avantage que je tirai de Tentremise de la reine d'Angleterre fut de terminer une contestation incidente qui se formait par le roi d'Angleterre. Car ^ il prétendait, non sans quelque raison, que le traité se devait faire chez lui, parce que les Hollandais, qui étaient ses véritables parties, lui étaient inférieurs en dignité. Et néanmoins, après quelques disputes, il se relâcha de cette prétention sur la remontrance que je lui fis que la maison de la Reine sa mère pouvait être prise entre nous comme un lieu neutre, et qu'il était de Thonneur de cette princesse que la paix, ayant été proposée par elle, se négociât aussi en sa présence et avec sa participation '. Mais ce qui me faisait le plus appuyer cette proposition était que je voyais que , par le seul respect dû à la présence de cette Reine, Ton trouverait moyen de retrancher la plupart des questions préliminaires qui font ordinairement la plus grande longueur des traités : outre * que les choses se négociant si près de moi j'aurais la commodité d'inspirer continuellement â mes ministres ce qui serait de mes intérêts. Nos députés s'assemblèrent donc au lieu accordé. Mais milord Ollis, qui
1. Ces faite sont aa cahier 13* da texte A, t. II, f* 291, et du texte B, t. Il, f* 117. Le texte B eet sans corrections (V. le Journal, p. 32 et p. 39).
2. A, on lit d*abord ceci : « Je in*en servis pour engager adroitement les Anglais à venir négocier sur mes terres. On lit ensuite : « 11 soutenait que lui ayant déclaré la guerre le premier. Je devais aussi envoyer le premier dans ses Etats pour y négocier la paix. »
3. A et B. il y a de plus cette idée i « que l'affection que cette princesse avait pour la paix lui pouvait fournir à toute heure des expédients pour lever les difficultés qui s'y présenteraient. »
4. Celte principale raison est ajoutée à la marge du texte A.
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traitait paur le rot d'Angleterre ' ayant fak entendre, dès la première conférence^ qu'il ne pouvait écôuier aucune proposition si Ton ne convenait d'abord d'accorder au roi son maître toiis les articles qu'il avait fait proposer quelque temps auparavant par Tentremise du roi de Portugal , Ton ne passa pas plus avant. Et ce milord fut bientôt rappelé par le roi son maître.
Cela ne it pas néanmoins désespérer notre médiatrice de réussir dans ce qu'elle avait entrepris. Se promettant qu'Ollis ou quelque autre député reviendrait bientôt d'Angleterre, elle me pria, que s'il revenait durant un voyage qu'elle voulaitfaire à fiourboa ^ pour sa santé, l'on continuAt de s'assembler ca son logis dans la même forme que si elle eût été présente.
Cependant Oilis ^ ne revint peint, et à dire le vrai je n'en étais pas fort (acbé^ parce que dans le séjour qu'il avait fait auprès de moi comme ambassadeur, j'avab remarqué dans son esprit une rudesse ^ mal propre à négocier un accord, et je ne sais pas ttième à quel dessein il avait affecté des prétextes de demeurer ici, de-
1. A : « B'étant rendu le... avril chez la reine d'Angleterre, où Lionne se trouva de ma part, et pour les États de Hollande, Van Beoningen, leur envoyé. • Le nom de cet dnw)yé a «ié mie après coup mu* le Mac. — Pour la cause de la rupture, on ne lit, au texte A, qu'une courte phrase Yague : « voyant qu'on lui proposait autre chose que ce qui avait été astrefois proposé. » (V. le Journal, p. 39 )