SES POÉSIES, BALLETS. LUI
Sa muse sait passer du plaisant au sévère , et de la même main qui a cadencé les stances légères d'un ballet, il touchera la corde lyrique pour une paraphrase des Psaumes. Les amis de Benserade refusent à Périgny le succès du théâtre : nous n'oserons pas dire qu'il ait été plus habHe dans la poésie sacrée. Si, par la confrontation des écritures, nous en sommes venu à lui attribuer d'une manière certaine la participation la plus active et la plus heureuse au Journal et aux Mémoires du Roi, les mêmes témoignages le rendent complice d'une assez mécbante pièce de vers, à laquelle il a appliqué tous les efforts de son esprit au moins pour la corriger. Quand je ne savais pas encore à quel personnage rapporter les diverses corrections de nos manuscrits, la paraphrase des Psaumes, qui figure singulièrement au milieu de nos textes de Mémoires, m'avait paru digne de Godeau, une des gloires de l'hôtel de Rambouillet, le nain de Julie : mais il était alors confiné dans son petit évôché de Vence, et à la cour on n'appréciait plus qu'un seul de ses ouvrages, un des plus anciens, le Catéchisme royale composé pour Louis XIV enfant. Que Périgny soit ou non l'auteur de la pièce primitive, il l'a remaniée de sa plume avec tant de soin qu'elle est devenue son œuvre propre. Est-ce un travail isolé ou se rattache-t-il à la composition des Mémoires? Les mémoires, les instructions en vers étaient fort goûtés dans ce temps-là, et on ne pourrait faire l'histoire de l'éducation d'un prince du dix-septième siècle saus rencontrer des apophthegmes, des histoires et devises, des catéchismes politiques, des centons de l'Écriture plus ou moins mal versifiés. Ici, la pensée générale de la paraphrase sur les obligations de tous les hommes
LIV DE LA €0IIP08ITI0!f DES MÉMOIRES.
et surtout des rois envers Dieu, est en rapport avec le fond des Mémoires destinés au Dauphin. Il y a môme une phrase des Mémoires qui correspond exactement à une tirade de la paraphrase; on croirait que Tune est le thème de l'autre. Les Mémoires disent : « Si nous manquons à remplir en c«Ia ses desseins, Dieu peut-être nous laissera tomber dans la poussière, de laquelle il nous a tirés *. » L'idée est versifiée ainsi (le poète s'adresse à Dieu) :
Miiis dèt lors qae de non» tes yeux sont détouniës, Od doos voit sans Tîgtiear, on nous voit sans lamière Retomber à Tinstânt dans ia même poussière Dont nous tira Teffort de tes puissantes mains Pour nous mettre au-dessus du reste des humains.
Nous publions ce morceau tout entier ' en relevant les principales corrections qui attestent l'importance qu'il avait amt yeux de Périgny. Quelle pauvreté que certaines minuties de style I L'artiste donne des coups de force qui frappent dans le vide, puisqu'il n'ajoute ni une idée ni un sentiment : son triomphe est dans un changement de moty dans une rime nouvelle. L'énergie inspiratrice de la poésie biblique se reconnaît à peine à quelques traits spontanément chaleureux.
1. C'est à la fin du 4* cahier de 1661, dans le texte qui a précédé U rédacUon de Pelllason (s. Fr. 2281, t. I, ^ 179 f).
J. S.Fp.2281,t. l, I* 132, ISS. Voici quelqaesslgnesderoflbogwiphet «Yer«etz, diféreiit, climat» eiéquteur*, saut, faiste, intervale, chois* reeonoit, creiot, (onerre, Koix,aspee, émeus, allarmes, piez, comune, entetif , honeurs, retpec, aprocber, miles forfais, valons, couroox, vaoger, lealis» prestes» homes» desTeus^ appaia«t daigne, nos pênes. »
PAlUPHliASE DES P8AUIIES. IV
PAKAPHRàSE SUR PLUSIEURS VERSETS TIRÉS DE DIFFÉRENTS