LV( DE LA COMPOSITION DES HÉNOIRBS
A ce brillaot éclat qui part de son visage, Uoe sainte frayeur saisit votre courage ; A son divin aspect, surpris , émns, charmés, Vous admirez sa gloire et vous en alarmez ; Et mettant à ses pieds les marques de Tempire, D'une commune voix je vous entends lui dire :
Tout ce qu'on voit en nous de gloire et de splendeur, Grand Dieu, nous le devons à ta seule grandeur. L*éclat de ta faveur nous élève, et nous donne Les biens et les honneurs, la vie et la couronne. Mais dès lors que de nous tes yeux sont détournés, On nous voit languissants , abattus , consternés ; On nous voit sans vigueur, on nous voit sans lumière Retomber i Tinstant dans la même poussière Dont nous tira Teffort de tes puissantes mains Pour nous mettre au-dessus du reste des humains.
Si des rois assemblés la troupe redoutable Montre tant de respect pour cet être adorable, Avec quel sentiment le reste des mortels Se doit-il approcher de ses sacrés autels! Mais leurs âmes, hélas! de cent crimes chargées, A ne plus croire en Dieu semblent s'ôtre engagées ^.
I. Cette idée a été remaniée bien des fois: il j avait d*abord :
« Mail, hélas ! des humains la brutale insolence Ose lui refuser son culte et sa créance. »
On a mis ensuite :
« MaiS| hélas ! des humains les âmes forcenées À ne plus croire en Uii semblent déterminées. «
La IroiAième forme parait avoir été oelle* que nous avons mise dans le te&te. Voilà la quatrième :
« Mais par mille forfaits notre fureur grossie
PARAPHBASE DES PSÀCIIES. LTII
On ne le ireat point iroir pour ne le pas servir Et rétre qu'on lui doit, on le lui veut ravir. Tons paraissent unis, dans leurs desseins coupables, A vouloir devant lui se rendre abominables. Et parmi tant d'ingrats qui lui doivent le jour, Pas un seul ne prend soin d'acquérir son amour.
Tremblez, terre, tremblez, orgueilleuses montagnes. Tremblez, bois et vallons, tremblez, vastes campagnes. Tremblez, eœurs endurcis ; pécheurs, alarmez- vous. Tremblez, car le Seigneur vous regarde en courroux. Si vous ne l'apaisez, je vois ses foudres prêtes A venger vos forfaits ' sur vos coupables têtes. Pour vous, hommes, pour vous, obstinés criminels, 11 prépare des fers et des feux étemels. La tristesse, l'horreur, le tronble et le carnage Deviendront pour jamais votre unique partage. Craignez donc, malheureux, ce Dieu terrible et saint. Et sachez qu'il s'apaise aussitôt qu'on le craint. Graignez-le sans penser de faire une bassesse;
ou... aigne, 00... impie, Jasqoei i blatpbéioer lemble f*ètre enhardie; »
On bien encore :
V notre foreur (mpie
Jofqo'k douter s*H est I
Ou... Jo8qo*à le renier Siemble t'ètre enhardie.
Ou... ▲ le désavouer )
Et de notre raison forçant le joste aTOo,
Noos fait malignement dire : « Il n'est point de Dieu. »
D j a enfin une cinquième forme, mise en marge au bas de la page et hairée:
• Mais, par mille forfaits, semblant toujours s*aecroitre, Nos fureurs vont enfin jusqu'à le méconnoître. •
1. On eanyc en marge : « forfaiU, fareare, erreurs, mépris. »
tViU DE IL GOMPeirriOlf DEB MtlIOIRES.
Sa crainte est !• ebemhi de la haute sageMe» Craignez, Toas qui eroyei en ce Diea tout-|Hiiseant ; Craignez, et irons rendrez aon conrroax langnistant: Craignez, et confessez ¥otre extrême misère. Vous verrez sa pitié désarmer sa colère.
Mais non : pour le iléehir et pour le désarmer, Si c'est trop de le craindre, il ne faut que Tairner. Oui : nous voulons t*aimer, Seigneur, dont la puissance Daigne s'intéresser en notre déllTranoe. Oui : nous voulons t'aimer , Seigneur, dont la lionté Soutient le misérable en son adversité.
Et réserve un trésor de douceurs éternelles Pour ceux que tu chéris et qui te sont fidèles^
Confessons, adorons, ou plutét aimons tous Ce Dieu, si bon, si grand, si clément et si dont; Déchargeons sur lui seul nos peines les plus rudes^ Il nous affranchira de nos inquiétudes; ^ Et, si dans son amour nous cherchons nos plaisirs, 11 saura pleinement contenter nos désirs. Aimons-le, et regardons, ingrats et faibles hommes, Qu'est-ce que nous valons , et qu'est-ce que nous sommes ; Et pourquoi ce grand Dieu s'empresse chaque jour, Par toutes ses faveurs , d'acquérir uoUre amour ^
Dans ces alexandrins si péniblement retouchés, il y a du moins une grande pensée morale qui justifie les efforts du poète, j'allais dire du grammairien. Mais lorsqu'il s'agit de quelque fade poésie de cour, lorsqu'il faut trouver, par exemple, une devise pour une épée d'enfant, l'auteur du ballet des Amours déguisés tait un triste mé»
1. Deux quatrains pins faibles et Insignifiants ont été eMajés pour ceUe même idie*
rayisB FOUR vm épée D'ENTAirr. ux
tier, car il dépense de l'esprit à composer des rimes dont Tentant seul, qui les lui a demandées en jouant, peut lui savoir gré. Le Dauphin, dans Tété de 1666, au moment où l'ambassadeur de Savoie, le comte de Carrocio, avait pris congé de lui, suivant l'usage de la cour qui voulait qu'après avoir salué le Roi, on fit des compliments à son fils, n'avait trouvé rien de mieux à souhaiter, comme cadeau du prince de Piémont, qu'un beau tambour : la gazette ne manque pas de reconnaître là ses inclinations toutes martiales *. Au printemps de l'année suivante, l'envoyé du duc de Savoie en la cour de France, le marquis de Saint-Maurice, présente donc à monseigneur le Dauphin un petit tombourd'un travail admirable, enrichi d'une infinité de trophées d'armes, de dauphins entrelacés, de couronnes fermées, le tout avec des pierreries et quantité de devises. La fin de l'histoire, dont la gazette donne le commencement, est par hasard dans notre manuscrit *. Périgny, comme précepteur du Dauphin, ne pouvait pas échapper au tambour. Le mot d'une de ses devises était :
Au bruit que (kit le grand Loaîs , Marche à la gloire, et je te sois.
L'enCant de France veut, en retour du présent, envoyer au prince de Piémont une épée. Ce n'est pas l'enfant, c'est le précepteur qui cherche des devises. « L'on peut mettre pour mot, sur la lame : Iwueniet vietm autfaciety à expliquer par ce madrigal :