LB DAUPHIN. SA NAISSANCE. LXIXIX
Roi avait rejoint Marie -Thérèse en revenant de Nantes (8 septembre), fortifiait l'autorité royale, et reléguait bien loin au second rang le frère du Roi, tout récemment marié à la belle Henriette d'Angleterre. Quand môme les temps et les hommes n'auraient pas changé , le r6le de Gaston, placé sur les premiers degrés du trône pendant les vingt-deux ans qu'on attendit un fils d'Anne d'Autriche, n'aurait pu être recommencé par Philippe d'Orléans.
Cette nouvelle, heureuse pour le Roi et pour la France, est portée aux différents souverains par des envoyés extraordinaires, môme dans les pays où Louis XIV a des ambassadeurs *. Ainsi ce n'est pas le maréchal d'Estrades, son ambassadeur à Londres, c'est le sieur de La Ghesnaye, gentilhomme ordinaire de la maison du Roi, qui est chaîné des lettres officielles pour Charles n et pour le duc d'York; de môme à Turin , pour le duc de Savoie et pour la duchesse tante du Roi, cen^estpas l'ambassadeur Servien, le frère du surintendant, c'est un gentilhomme ordinaire, M. de Rouvroy. A Rome, il n'y avait pas d'ambassadeur depuis le mois de décembre 1653. Le duc de Créqui, nommé à ces fonctions, le 2 novembre 166i , ne partit qu'en avril 1662 ; un gentilhomme ordinaire fut dé* puté aussitôt, M. d'Aubeville. Des secrétaires du cabinet
1. Lat Lettres do Louis XIV, èerttas à cette ooeuion, sont en eopie daœ le Use. iii-4''deU Bibl. de rAreeoal, n« 199, (^ 134-152. Les recueils «oaloguet de la Bibl. Sainte-Generlève (l. f. 17, 1-2) et de la Bibl. Imp. ( Buppl. Fr. 50S3, iii-4*) sont moins complets ou moins exacts. Le Msc. de la Bibl. imp. Snppl. Fr. &79 et 679^, donne les noms et la destination des genUlsboromes et secrétaires- du cabinet du Roi envoyés auprès des diverses eours. Toutes ces lettres sont peu différentes les unes des autres»
IXXiX DE LA COMPOSITION DES MÉMOlkBS.
in ftbi sont àûss{ éitiployéà à tel office : îe siéUr Gaîlaiiâ fkit la tournée âe floreûce, où te fils dii grand-ddc isiyait Akj^uis peu épousé utie àlle de Gaston d'Oriéané, de Parme et dé Modène, ce qui lui vaut siir leâ rôles de Tépargné de 1662 dne somhie dé 3,ti00 litres '; le sieur de Coye est envoyé auprès d*un personnage que Louis XÏV traite cobmé lès têtes couronnées, c'est le duc de Mazârini, le fils du maréchal de Là Meilleraye marié & nne nièce du cardinal, Isa principale tëHtièrfe. «Vous portez, lui écrit Louis Xrv, lé nom d'une personne qui â trop contribue Ail bônbéur dé mon mariage podr iie ïue souvenir pas de votts lorsque la bonté divine m'en fait recueillir les fbuité et commencer par ilii baupbin. n Oii rapporte (|dè le pauvre sire reçut le tioiessage de Louis XIV avec l'appareil et le cérémonial d'un Roi qui reçoit tin àinbassàdèur. L'honneur <iuè Louis XIV faisait par courtoisie à l'héritier iihpuissânt du iiom de Mazàrin, il est sur lé point de le refuser à un pribce de vieille race, a Là lettre au duc dé Lorraine, Charles IV, n'a pas été rendue, dit ûhè nbte manuscrite ^ parce que M. de Lorraine est arrivé h h 6ôur avâht que Sa MajeMé eût résolu (|ili elle lui dépêcherait, n est i remarcjuer aussi que Sa Majesté hésita ï écrire sui^ Ce sdjèt i M. le duc dé Lorraine parce qîi'éh 1638, à la naissance du Roi d'à présent, on ne lui écrivit pas. Mais Sa Majesté ne s'arrêta pas à cette difficulté, ayant considéré qu'alors M. le duc de Lori-aiùë ët&it en-
I. iibi. imp. Msf. Gollect. llaogeau, Complu du triiùr iéyaU V*ît\À âé l'épargne de 1662.
i. Lettres de Louis XI V, fcibl. de rArÂènat, in-4*, n* iM /ilote ad f» I3S v.
COMMEirr ELLE EST ANNONCÉE À toUTËS LES COURS. Llct)CXl
Demi de ta France, â Èq politique , II ii*f a pas si mince objet qiii hë demande réQexion.
La cour d^Espagne, qui a dû ëire avertie ià première âe la naissance duûatiphin, n'avait pas, déjà dans ce tënîp8-l&, la iïlême bonne fottune que la France, ttn tout jeune fils dé Wiîlîppe IV venait de ibourir; un autre enfant naissait, quatre jours après lé bauphin, le 5 novembre 1661 : c'est le futur Charles tl, dont renfaiice ne sera pas joyeuse icômrtiè celle dii fils dé Lbuià XIV; & peine sorti du te^ceau, il aiirâ le niaîheur de monter kuf \ik trône vacillant, et d*eiitendrë parler d'affaires ei de désastres.
Lotiis XiV né manque pas de témoigner à Diéû sa reconnài<iéance. Le ë décembre, le ftôi el les fteihés kni leurs dévotions dans la chàt)éllfe soutetraiiié de ^btrè- Dàine de Chartres * : c*èst racquittèmfetit des voeùi ^ùfe tous trois ont faits pour la paix, pout* le mariage, plouf la naissanôe de Monseigneur. H est décide qUeTéglisè des Basses-Loges sera bàtiè à Fontainebleau *. îlj aiirait eu plus de véritable piété à renbncer à sa passiôii naissante ^our tnadéînoiseile deLa Vallièfe et à dèèôura^èè leé ëbquetteriés deMadahie*.