LXXXXII DE LA COMPOSITION DBS MÉMOIRES
Les fayeurs les pins étranges sont accordées. Le gentilhomme de la chambre qui était de quartier au moment de la naissance, le duc de Saint-Aignan, obtient du Roi ^ un droit appelé de joyaux-aides, qui oblige ceux qui tiennent des fiefs de Sa Majesté à lui donner, pour une fois, le cinquième du revenu, ou par accommodement, quelque chose de semblable. Il aurait pu en tirer cent mille écus. Pendant quatorze ou quinze ans, il s'abstint; lorsque deux traitants entreprirent de recouvrer ce droit pour lui en Touraine et en Poitou sur des terres de Messieurs de la noblesse et du clergé, il y eut des clameurs; le duc alla, de lui-même, à Fontainebleau dire au Roi qu'il se désistait. On comprend que, pour une naissance royale, le médecin soit récompensé plutôt que le gentilhomme de la chambre : Guenaut, premier médecin de la Reine depuis le 10 octobre 1661, reçoit le 10 juin 1662 une pen< sion de six mille livres ^
U fallait célébrer dignement le bonheur domestique du Roi. U y eut donc , entre bien d'autres réjouissances qui ne manquent jamais en pareille occasion ', le fameux carrousel du 5 juin 1662. On le connaît par la description poétique de madame de Villedieu, par le poème héroïque en vers latins de Fléchier, par les gravures peintes qui en conservent tout le détail dans un exemplaire unique , joyau précieux de la bibliothèque de la ville de Versailles,