CVIII DB LA COMPOSITION DES MÉMOIRES
tresse da Roif Si j^étais assez malheureuse pour cela, je n'aurais jamais reffronterie de me présenter devant la Reine, d Pendant le retour, à Notre-Dame de Liesse, madame La Yailière et madame de Montespan allèrent à confesse. Quels aveux ont-elles portés chacune au tribunal de la pénitence, et, dans le secret de leurs cœurs, quelles demandes ont-elles adressées à Dieu?
Quand le Roi, après la prise de Tournai et de Douai, vient à Gompiègne, les visites particulières à madame de Montespan sont plus fréquentes. « Elle paraissait fort gaie dans le carrosse de la Reine, elle y venait avec le Roi et raillait presque toujours avec lui. » Le règne de la duchesse de La Yailière touche à son terme. Elle n'est déjà plus aimée lorsqu'elle met au monde l'enfant qu'elle portait dans son sein pendant ce fameux voyage d'Avesnes. L'accouchement eut lieu avec les mômes précautions qu'autrefois ', le 2 octobre 1667. C'était un garçon. Il fut légitimé au parlement de Paris en i660 sous le nom de comte de Yermandois. Madame Colbert l'éleva comme elle avait élevé les autres. Il a vécu jusqu'en 1683.
La campagne de Flandre, par ces épisodes d'Avesnes et de Gompiègne, dont peu de personnes, môme à la cour, eurent le secret, est donc un moment de crise dans les affections de Louis XIY. Son cœur se détache, si ce n'était fait déjà, de la belle et touchante La Yailière, qui, malgré ses témérités, ses folies d'amante passionnée, nous paraîtrait modeste en comparaison de l'arrogante . Montespan : d'autres amours ne tarderont pas à être déclarées.
K Mém» Montpetuier, ibid., p. 402.
IIA0AIIB DB MONTESPAN. CIX
Nous n'avons pas à suivre la fortune de madame de Montespan : marquons seulement la naissance de son premier enfant de sang royal. Jeune Ûlle, elle n'avait été admirée que pour sa beauté dans les ballets du Roi, sous le nom de nuidemoiselle de Tonnay-Gharente. A peine mariée en 1663, la charmante blonde mettait déjà tout en feu autour d'elle : c'est l'expression de Ben«serade, dans le ballet des Amours déguisés « dansé par Sa Majesté en 1664. L'esprit des Mortemart a pu être employé pendant quelque temps à égayer une reine délaissée, auprès de laquelle elle vit depuis 1664 comme dame du palais ; elle vaut bien, sous ce rapport, les autres dames de la Reine , la princesse de Bade , mademoiselle d'Ëlbeuf, princesse aussi, la comtesse d'Armagnac, la duchesse de Créqui, la marquise d'Humiéres. Cet esprit sert bientôt à conquérir le cœur du Roi : madame de Montespan va renouveler pour Marie-Thérèse son martyre d'épouse . Quand le Roi revient de la Franche-Comté en février 4668, la victoire de la nouvelle maîtresse entraîne la disgrâce de mesdames de Bade et d'Armagnac, accusées d'avoir appris à la Reine, par une lettre, que le Roi était amoureux de madame de Montespan '. Au commencement de 1669, s'ouvre, par la naissance d'une fille qui ne vécut que trois ans, une série de couches adultères qui donneront bien des frères et des sœurs au Dauphin.
Le temps de la campagne de Flandre , où on pourrait croire que l'âme de Louis XTV est absorbée tout entière par l'orage de ses passions dont la force ne diminue pas, dont le courant seulement va changer, est celui où il