XII DE LA COMPOSITION DES MÉMOIRES
réduction des rentes \ L'éloge du Roi est nécessairement le couronnement de l'œuvre ; et , après avoir tracé le tableau comparé des finances et de toutes les affaires qui en dépendent en septembre 1661 et en décembre 1662 % a ce parallèle, ajoute-t-il, pourrait être continué à Tinfini ; mais, pour l'abréger, il suffira de dire qu'il s'est vu, chose incroyable et même impossible dans la nature, passer en si peu de temps un État comme celui-ci, dans une matière si délicate et si importante que celle des finances, d'une extrémité de corruption au plus excellent degré de perfection qui se puisse imaginer, et toutefois c'est l'éloge d'un jeune prince de vingt-tr(ïis à vingtquatre ans. »
Colbert, exact comme un financier, précise les progrès de chaque année et presque de chaque mois : c'est une véritable histoire, à laquelle on peut se confier. Aussi ne nous étonnons pas que, lorsqu'on voulut composer des Mémoires du Roi, on ne trouva rien de mieux, pour la partie des finances , que de mettre en pièces , sans les citer, des documents si véridiques. L'emprunt est sensible, nous allons le prouver; mais combien il est maladroit et inintelligent? Il eût mieux valu copier franchement le travail si complet de Colbert que d'en enlever des morceaux, qu'on a transportés, au hasard, môme d'une année dans l'autre. Les notes financières qui figurent dans les Mémoires pour le Dauphin, et qu'on peut considérer comme le premier embryon d'où sortit une ré-
1. Qu'on Use dam M. P. Cléraent ou dans M. Ghérael ces réflexions de Coibert sur Lamoignoni tont empreintes de malice et de ?enio.