‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 99 sur 302 · T. 1. AvertiBsement, p. 33 (édil. 1806i en 6 fol. in · texte numérisé non relu

T. 1. AvertiBsement, p. 33 (édil. 1806i en 6 fol. in

CLVtll DE LA COMPOftiTlÔM DBS MÉMOIRES.

Pelliseon et publiée en 1735 par l'éditeur de Mes œuvres diverses , Tabbé Souchai. Il attribue à la rhétorique de Pellisson ce qu'on pourrait remarquer ici de trop ampoulé. Quel que soit l'auteur de ces pages , ou le Roi ou l'homme de plume auquel bien des gens font un titre de gloire d'y avoir mis la main, c'est assez pour nous d'en citer les premières lignes, afin qu'on soit averti que le genre emphatique et déclamatoire qui parait si souvent dans les Mémoires des années 1666, 1667 et 1668, ne pourra pas être tempéré par les habitudes de style de Pel* lisson, une fois qu'il viendra prendre part à cet étrange travail de rédaction.

Il y a tant d« différence entre ce qui part parement du cœur du Bol et ce qui se peut dire de plus grand de sa personne que, pour vous faire voir ses vertus dans leur source, je serai bien aise de vous rendre compte d'un entretien où j*eus Tbonneur d*être en tiers devant Lille, et où sa modestie se trouvant vaincue par nos prières, voici comme il parla des sentiments de son âme sur tous les sujets où la conversation se tourna, que je ne vous dirai pas par ordre pour le mieux lier avec mon sujet t

< Les rois, dans leur conduite, sont bien plus malheureui que les autres hommes, puisque leurs cœurs ne sont pas exposés aux jeux de leurs sujets, comme sont toutes leurfi actions, dont ils ne jugent la plupart du temps que selon leurs intérêts et leurs passions et presque jamais selon Téquité...^ •

Nous avons eu tprt: ce n'est pas tout à fait un monologue.On en jugera par la citation suivante. Le Roi s'exprime ainsi :

1. Jbid,, t. Il, p. 421. Le dércloppemenl ne couvre pas moins de quinze pages (p. 42i-4;iO).

CONVËRSAtlON mj tlOt ÔEVAllT LILLIÎ. CuX

« lé IftiMerti à moii lilslofte U soitt de hi¥é taloir un gldire» ely comme des persoDoes qui m*aiment. Je %otis prierai settlement de me dire, sans me flatter et sur la fidélité que vous me devez, 8*il me reste encore quelque chose à faire pour établir ma répu- Ution K »

Le rédacteur ajoute :

J'ioterromprai ici la conversation du Roi pour dire que nous lai répondîmes que jamais prince n*en avait eu une plus affermie.

« Puisque, sur votre parole, reprit le ttoi, je puis demeurer eo repos à cet égard, je vous dirai naïvement :

c Quand je vous vois courir ,à des occasions oti je n*oserais aller, je vous avoue que, quoi que me dise ma raison, je ne laisse pas de souffrir infiniment. »

On aimerait savoir avec quelles personnes Louis XIV a eu cet entretien. Le Journal nous apprend ' que, pendant le siège de Lille, le Roi croyait de son devoir de parler à tous.

A qui Louis XIV parle-t-il dans cette phrase : « Quand je vous vois courir à des occasions '..•?» Ce n'est certainement pas à M. de Pellisson. Est-ce à M. de Turenne? Mais il est question de lui sous une forme indirecte» comme s'il n'était pas présent.

Page 1