VIVRES ET MUNITIONS* TROUPES DE LORRAINE. J
tOQS les généraux, le prince qui commande en personne en doit avoir de toutes particulières. Gomme la vie de ses sujets est son propre bien, il doit avoir bien plus de soin de la conserver ^ et, comme il sait qu'ils ne s'expo* sent que pour son service, il doit pourvoir avec bien plus de tendresse à tous leurs besoins.
Pendant que* Ton exécutait les ordres que j'avais donnés sur ce sujet, ne voyant rien à faire dans mon camp^, je pris le temps de revenir sur ma frontière, où la Reine se rendit de son côté.
Durant ce temps-là, le duc de Lorraine' témoignait une grande irrésolution touchant les troupes qu'il m'a^ vait promises : car dans le fond il eût bien voulu se dis* penser de me tenir parole, et n'osait néanmoins ou ver* tement y manquer. D'une part, il se figurait qu'étant si près de l'empereur, et n'ayant plus de places fortes & lui opposer, il demeurerait sans armes, exposé au ressentiment de ce prince; mais d'autre part il voyait aussi qu'après s'être engagé envers moi, il était dangereux de se dédire, puisque j'étois alors plus que personne en état de m'en ressouvenir : tellement que, sans se déterminer ni d'un côté ni d'autre, il répondait toujours ambigumenL Mais enfin, comme je connaissais la trempe de
1. A, f* 360. t Pendant qae mon canon et mes vivres marchaient vers la nouvelle route qne je leur avais marquée... »
3. Au Journal, à la suite du n" S : « Durant que Ton mettait la place en défense, durant que l'on songeait aux munitions, ne pouvant demeu* rer oisif. J'allai faire un tour h Avesnes. »
3. Au Journal, le fait est indiqué au n" 24 (donné le 19 Juillet), en termes précis et catégoriques : « Le duc de Lorraine avait fait difficulté de me livrer ses troupes, quoique promises; mais lorsqu'on lui dit précisément que mon Intention était qu'elles partissent le lendemain, Il 1^ laissa partir. >
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son esprit, je me persuadai que, si je pouvais une fois le mettre dans la nécessité de choisir sur-le-champ, il n'aurait pas assez de hardiesse pour se résoudre absolument à me fâcher : ainsi je lui fis dire un jour qu'il fallait précisément que ses troupes partissent d'auprès de lui le lendemain, parce que mes mesures étaient prises là-dessus. A quoi il obéit, comme je Tavais prévu.
Après avoir été quatre jours auprès de b Reine, je retournai au camp ^ de Charleroi, et pris ma route par le milieu du pays ennemi pour donner une égale terreur à toutes leurs places.
Cependant mes ordres étaient donnés ^ pour investir Tournay de trois endroits différents. Du côté de la mer, le maréchal d'Aumont y marchait avec' sa cavalerie, les Lorrains^, que j'avais envoyés en Artois, s'y devaient rendre de se côté, et j'y venais en personne du côté de Bruxelles. En quoi nos marches se trouvèrent si bien concertées que nous nous y présentâmes tous à peu d'heures près les uns des autres ^.
1 . A, 9* cahier, (^ 360 ▼•:«..., et laissai Charleroi entre les maint de Montalte, homme de conduite et de falear très-éprouvée ; » et plus loin, f* 363 ▼* : « Je laissai Charleroi avec une garnison de deux mille hommes de pied et trois cent soixante chevaux » Les chiffres ont été sjontés après coup.
2. Les mêmes flsits, même plus détaillés, au Jonmal, n** 7 et 8.
3. Le Journal, n* S : « ... détacha douce cents chevaux pour iovesUr la place du côlé de la rivière de Lys. •