SIÈGE DE LILLE. ENNEMIS SURPRIS. RETOUR DU ROI
avec toute Tarmée. Ils y perdirent environ deux mille * hommes, en comptant les morts, les prisonniers, et ceux que la fuite dissipa. Mais la joie que devait me donner leur défaite fut modérée par le chagrin que je sentis d'avoir eu si peu de part en l'exécution d'une entreprise dont j'avais seul formé tout le dessein.
Ce n'est pas que dans le vrai je ne susse bien que j'avais fait toute la diligence possible pour y arriver à temps, jusqu'à faire dire môme à ceux qui voulaient adroitement me taxer d'imprudence qu'à la première nouvelle de l'ennemi j'y avais couru mal accompagné. Ce bruit était fondé sur ce qu'en effet ^ j'avais été des premiers à cheval, et avais même marché fort vite : et la raison que j'en avais était parce qu'au sortir de mon quartier il y avait un grand défilé dans lequel, si mes troupes (qui sortaient du camp de toutes parts) fussent entrées avant moi, j'eusse perdu trop de temps à gagner la tête. Mais dès lors que le déûlé fut passé, je mis tous mes gens en bataille, et les fis marcher avec tout Tordre possible.
Après cela*, je ne crus pas devoir entreprendre de nouveau siège. Et les raisons que j'en eus furent que les ennemis, qui n'avaient osé paraître devant moi toute la campagne, étant encore affaiblis par le combat, jette-