‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 144 sur 280 · PROJET DE LIMITER LE TEMPS DBS VOEUX DE RELIGION · texte numérisé non relu

PROJET DE LIMITER LE TEMPS DBS VOEUX DE RELIGION

N* î. — Y. page 224, note i.

Bègleaieiii pour le* ceii¥eiite.

Le Joarnal (Y. p. 155, n» 2), d*après les Feuillets du Roi, indique le « dessein de régler le temps des vœux de religion pour augmenter par là le nombre de mes sujets. Mais y trouvant des difficultés, j'ai voulu, en attendant que j'eusse pris une résolution entière sur l'affaire, que le parlement fit ce qui se pouvait dès à présent. » On lit, en outre, ces mots ajoutés : « S'informer de l'arrêt. » Le texte C donne la substance de l'arrêt en deux lignes. Le texte B (t. III, f cahier, f>« 331-234) insistait davantage. Il mentionne les règlements dont le Roi s'est contenté. Les voici :

Le premier (que je fis réduire en forme d'édit) faisait défense à tous séculiers ou réguliers d'établir ou de permettre que Ton établit dans mon royaume aucune communauté religieuse, sous quelque prétexte ou privilège que ce fût, sans un ordre exprès de ma part, et ordonnait que toutes les maisons régulières fondées depuis trente ans rapporteraient les titres en vertu desquels elles s'étaient établies , afin que je pusse pourvoir à la suppression de celles qui, sur ce point, n'auraient pas satisfait aux anciennes ordonnances du royaume, déclarant de plus que jusqu'à ce qu'elles eussent obtenu de moi des lettres de confirmation , je n'entendais pas qu'elles reçussent aucuns novices.

Le second règlement se fit en apparence par le seul ministère des officiers du parlement de Paris , où mon procureur général remontra que le nombre des reli-

gieux mendiants s'était si fort augmenté dans la France, qu'ils étaient à charge à eux et au public, et qu'ils avaient eu tant de facilité à recevoir les novices, ou tant de négligence à les instruire, que les statuts mêmes de leurs ordres en étaient entièrement pervertis ; que, d'ailleurs, les religieuses, ayant reçu dans leurs maisons un plus grand nombre de filles qu'elles n'en pouvaient nourrir de leur ancienne dotation, s'étaient accoutumées à faire des traités illicites , par lesquels toutes sortes de personnes étaient admises aux vœux sacrés moyennant des sommes certaines : par où les saints décrets de l'Église étaient manifestement blessés et les familles particulières considérablement affaiblies. Sur lesquelles remontrances il requit que les généraux des ordres mendiants eussent à nommer incessamment des religieux français pour travailler sérieusement à la réforme des abus qui s'étaient glissés dans leurs monastères, et pour convenir de certains couvents particuliers dans lesquels, seuls à l'avenir, seraient reçus et instruits tous les novices avec la précaution nécessaire à la sainteté de leur institution; mais que cependant il fût fait un dénombrement des religieux de chaque communauté, avec un état de leur revenu, des réparations et des charges , afin qu'étant communiqué à mes officiers et aux habitants des villes, l'on déterminât le nombre qui devrait y demeurer, leur faisant défense de recevoir aucun novice avant qu'ils eussent satisfait à ce règlement. Il demandait aussi que les monastères de filles représentassent par devant leur évéque l'état de leurs biens et de leurs charges, pour régler avec plus de connaissance le nombre de religieuses qu'ils pourraient

Page 1