‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 146 sur 280 · EFFET DE L* AFFECTION ET DE L'ESTIME DES PEUPLES · texte numérisé non relu

EFFET DE L* AFFECTION ET DE L'ESTIME DES PEUPLES

m'en avait depuis fait paraître un très-sensible repentir.

Nous rappelons que, déjà dans les Mémoires de 1666, certains détails se rapportant de même à des personnages secondaires de la maison militaire du Roi ont disparu du texte définitif (Y. le Supplément de 1666, n"" 25, dans ce même volume, p. 115-118), conune n'ayant pas un intérêt assez général.

N* 4. -^ T. page 230, note 1.

9iil m l'«m«iir et Festlme de ses muieim ne pevi man^iier de rien. — floin %n^nn prince doit n¥olr d^étnbllr sa répn* tatlen en tont^ et de ne In laisser nfrnlbllr en rien.

Ces mots sont pris textuellement au Journal (Y. p. 157 et p. 160). La première phrase sait le n<> 9, où il est question de c la facilité à trouver des matelots , et de la foule de gens qui viennent à la cour sur le bruit de la guerre ; » la seconde, le n"^ 17 que voici : « Je tâchais de me conduire dans les affaires du dedans et du dehors en sorte que Ton ne pût en rien me critiquer. » Ils peuvent servir de titre au développement suivant, dont on a vu la dernière forme plus déve* loppée dans le texte G. Ici, dans le premier texte, A, t. UI, f*371 v®, et 371 r>, à la fin du 3* cahier, toute cette partie est chargée de ratures. C'est pourquoi, sans doute, on Ta barrée, pour la récrire au commencement du 4* cahier, f» 324.

Il est agréable sans doute de recevoir des marques de raffection et de Testime de ses sujets : mais en considé* rant le plaisir sensible qu'un prince vertueux peut avoir dans la possession d'un bien si doux, il se faut de bonne heure exciter à (aire effort pour Tacquérir, parce que,

302 StlPPLÊMBSIT AtJX MÉMOIRES DE 1667.

comme il n'est rien de plus précieux, il n'est rien qui demande une plus grande application. Il faut diriger à cette seule fin toutes nos actions et toutes nos pensées. Quoi que vous vous proposiez de faire ou de commander, vous ne devez pas considérer seulement si la chose vous est agréable ou si elle doit être utile, mais vous devez examiner quel effet elle pourra produire dans le monde pour ou contre votre réputation, et voiis souvenir qu'en quelque établissement que vous puissiez être, Vous ne trouverez jamais rien qui contribue si efficacement, ni au progrès de vos affaires, ni à votre propre satisfaction, que la bienveillance publique et Testime générale des honnêtes gens. Elles seules faciliteront les succès de tous vos desseins, et détourneront tous les inconvénients qui vous pourraient nuire» Il n'est point de base sur laquelle votre autorité puisse être ni plus sûrement ni plus agréablement appuyée. Quelque puissant que fût un prince, il serait sans doute fort embarrassé s'il était obligé d'user à toute heure de tout son pouvoir pour maintenir ses peuples dans l'obéissance, et ses voisins dans la considération qu'ils doivent avoir pour lui.

Ce long fragment est rapporté par l'éditeur de 1806 (t. EL, p. 843-344) à la fin de la variante qui traite des bienfaits du Roi et du zèle extrême de ses sujets.

Dans le 4« cahier (t. UI, ^* 334-325) du texte A, la réflexion remaniée devient à peu près telle qu'on la lit au texte G; en s'éteudant , elle porte davantage sur Tidée générale de « réputation ; » Tintérêt de l'autorité l'emporte sur le charme de l'affection. Se souvenant d'une phrase du 3* cahier, le rédacteur parle non plus « d'un bien si doux, » mais > d'un trésor si précieux; » il ajoute : € c'est la base la plus solide sur

ÉTABLIR SA RÉt>UTATlOII EN TOUT. 303

laquelle son autorité puisse être appuyée; > il ne dit plus •« agréablement. » La pensée est complétée ainsi en marge :

Et il semble même qu'il n'ait plus besoin de la défendre , parce qu'il ne se trouve plus personne en posture de l'attaquer.

L'observation suivante , qu*on Ut au f° 324 vo, dont la forme fastueuse fait tort à une idée juste , a pu être abandonnée :

Ce point (de la réputation) est tellement important, qu'il s'est trouve de grands politiques qui ont osé soutenir qu'un sage prince, ayant le choix, ou de perdre entièrement l'estime des peuples, ou d'être dépouillé de ses États, devait plutôt perdre ses États que d'abandonner sa réputation : parce, disent-ils, qu'après l'estime perdue, les États se conservent malaisément, au lieu qu'en conservant dans le malheur la réputation tout entière, elle seule peut servir un jour à recouvrer ce que la fortune aurait ôté.

C'est alors que ceci est ajouté en marge du f* 325 r**:

Préférez ce bien seul à tous vos autres intérêts, et songez que les rois et les princes qui sont nés pour posséder tout et pour commander à tout ne doivent être assujettis qu'à Dieu et à la renommée.

La phrase : « Songez que les rois... » est biffée, puis transportée un peu plus bas. On a essayé une autre forme de la même idée, qui a été biffée aussi :

304 SllPPLÉMENT AUX MÉMOIRES DE 1667.

Les princes qui se voient au-dessus de tout sont au dessous de Dieu et de leur renommée.

La première, dans son genre, vaut roieox : c'est celle qui reparaît, [légèrement modifiée, dan» le texte définitif (V. p. 230).

N» 5. — T. page 231, note 2. Vv

Pr^Jete disérétf à imam momeate. — PeiMécs mmr le* tr^ope*.

Dépense* pour eela.

Ces trois petites phrases , d'où sont sortis les développements qu'on va lire, appartiennent aux Feuillets du Boi. Le Journal les avait déjà interprétées, et nous allons d'al)ord grouper les articles qu'il donne, pour qu'on voie mieux l'origine de ce morceau, qui ne figure qu'une fois dans le texte A, 6* cahier, t. III, f*« 1 72-173. La place du morceau est naturellement indiquée par celle des articles du Jourpal que le rédacteur développe : tous ces articles ont été donnés par le Roi, ou le 29 mars , ou la veille de Pâques , visiblement avant le début de la campagne de Flandre, qu'ils prévoient, qu'ils préparent. On ne se rend pas compte du sacrifice qui a été fait de la page du texte A, qui est solide, substantielle et conforme au sujet. Est-ce donc que les détails d'affaires étaient repoussés des dernières rédactions, quand ils ne conduisaient pas à quelque belle réflexion flatteuse pour le Roi?

Voici donc d'abord les articles du Journal, dans l'ordre où le rédacteur les emploie :

N® 14 bis. Cependant, je formais à toute heure de nouveaux projets, ou je travaillais à bien digérer ceux que j'avais formés sur la Flandre.

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