DE REVISION DE PELL18S0N
Après aVoir fait légèrement cette ^ première revue du dedans et du dehors de mon État , je crus qu'avant d'entrer dans le détail des affaires je devais chercher avec soin des instruments propres à me soulager dans ce travaiP.
Car surtout j'étais résolu à ne prendre point de premier ministre^ et à ne pas laisser faire par un autre la
1 . Le texte B est an Msc. de la Bibl. imp. , S. Fr. 228] , \n-f, i.},P»\ 58- 179. Le texte de Pellisson, adopté seul par l'éditeur des OEuvre$ de louis XIV (1806, 1 1, p. 19-100), remplit le 1. 1 da Mac. 2282 in-4". Ce texte, édité en 180C, passera morcelé au bas de nos pages sous forme de ▼ariantes ; les longs passage» quMl ajoute au texte B formeront le Supplément. Nous relèverons les corrections, assex peu nombreuses, du Msc* de Pellisson.
2. On Tient de la voir dans le texte de Pellisson , à défaut du texte B dont le premier cahier est perdu. — Nous sorfimes ici presque au début du 2' ddiier du texte B, f* 158 v*. Le r* termine la Revue des Ëtats.
3. Pellisson : « Deux chtses m'étaient nécessaires sans doute, un grand travail de ma part, un grand choix des personnes qui pourraient le seconder et le soulager. »
4. Pellisson. «... et si vous m*en croyez, mon fils, et tous vos successeurs après vous, le^nom en sera pour Jamais aboli en France, rien n'étant plus indigne que de voir d'un cdté toute la fonction et de Vautre le seul titre de roi. Pour ce dessein, il était absolument nécessaire de partager ma confiance et Texécution de mes ordres... » La suite, pour cet alinéa et le suivant, diffère peu dans Pellisson, qui fait précéder ces faits de réflexions qu'on lira dans le Supplément aux Mémoires de 1601, n* 1.
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fonction de roi pendant que je n'en aurais que le titre. Mais au contraire je touIus partager Texécution de mes ordres entre plusieurs personnes, afin d'en réunir toute Tautorité en la mienne seule.
Cest pour cela que je voulus choisir des hommes de diverses professions et de divers talents^, suivant la diversité des matières qui tombent le plus ordinairement dans l'administration d'un État, et je distribuai entre eux mon temps et ma confiance suivant la connaissance que j*avais de leur vertu ou l'importance des choses que je leur commettais.
Car dès lors je m'établis pour règle de travailler deux fois par jour ^ à l'expédition des affaires ordinaires, ne
1. Pellisson ajoute cette réflexion : « ...qui est peut-être le premier et le plus grand talent des princes. »
2. AuM8c.(2281 in-f«,r* 169 v"), on lit ces mots, biffés depuis: «...même après le dtner. » — Pellisson : « Je m'imposai pour loi de travailler régulièrement deux fois par Jour, et deux ou trois heures- chaque fois avec diverses personnes, sans compter les heures que Je passais seul en particulier, ni le temps que Je pourrais donner aux affaires extraordhiaires, s'il en survenait. » iusquMd ce n'est que la paraphrase du texte B. Pelli»- 8on continue ainsi : « ... n'y ayant pas un moment où il ne fût permis de m'en parler, pour peu qu'elles fussent pressées. » La phrase d'abord finissait là. Louis XI V ajoute au crayon, au bas de la p. 78 (Use.) : «... à /a réierve des ministres étrangers ^ qui trouvent quelquefois de trop favo' rabtes conjonctures dans la familiarité qu*on^leur permet soit pour obtenir, soit pour pénétrer, » Pellisson reprend cette addition à l'encre an haut de la p. 79, en transposant: « ... qui trouvent quelquefois dans la familiarité... de trop favorables conjonctures soit pour..., » et il ajoute, pour fermer la phrase : «... et qu'on ne doit guère écouter sans y être préparé. » L'éditeur de 1806, qui cite simplement la phrase définitive (p. 20), ne s'est pas aperçu de ce curieux travail où Louis XIV est de moitié avec Pellisson. — Nous renvoyons au Supplément aux Mémoires, n* 1 , des réflexions de Pellisson, sur l'amour du travail et sur la dii&culté de choisir des ministres.