LE ROI TRAVAILLE. INSTRUMENTS BE GOUVERNEMENT
laissant pas de m'appliquer en tout autre temps à ce qui pouvait survenir extraordinairement.
Pour les matières de conscience , ceux dont je me servais le plus souvent étaient mon confesseur^, Varchevéque de Toulouse^, et les évèques de Rennes et de Rhodez ^.
Quand j'avais à régler quelque affiodre de justice, je la communiquais au chancelier^.
Pour^ les dépêches ordinaires du dedans du royaume, et pour les placets (que^ je recevais alors en très-grand nombre à cause du désordre que Von avait jeté dans toutes choses), je donnais aux secrétaires d'État deux jours de chaque semaine.
1. PellissoD : « ... le P. Annat, que j'estimaia en parUealier pour aToir Tesprit droit et désintéressé, et ne se mêler d'aucune intrigue. »
2. Peliisson : « ... Marca, que je fis depuis archevêque de Paris, homme d'un profond savoir et d'un esprit fort net. »
3. Peliisson : « ... capables et gens de bien, et dont le dernier, depuis archevêque de Paris, avait été mon précepteur. • Louis XIV écrit au crayon, en marge (p. 118, Msc.) : « Rennes la Reyne m, mère le souhaitta, » Alors Peliisson écrit en interligne, à l'encre : « ... Tévêque de Rennes, parce que la Reine ma mère l'avait souhaité, et celui de Rhodez, depuis archevêque de Paris, qui avait été mon précepteur. »
4. Peliisson : « ... fort ancien officier, généralement reconnu pour trèshabile en ces matières par ceux qui l'étaient le plus. »
6. La phrase de Peliisson est tournée un peu autrement ; elle commence ainsi : « Je l'appelais aussi (le chancelier) à tous les conseils publics que je tenais moi-même... »
6. Cette parenthèse a fourni à Peliisson, un peu auparavant, un développement dont nous ne prenons ici que ce qui «st le plus en rapport avec le texte B, le reste est renvoyé au Supplément aux Mémoires, n« 1. « Les placets furent d'abord en un très-grand nombre, qui ne me rebuta pas cependant. Le désordre où on avait mis mes aiEsires en produisait beaucoup; la nouveauté et les espérances, ou vaines ou Injustes f n'en attiraient pas moins. »
Mais daiis les intérêts les plus importants de TEtat et les affaires secrètes^, qui seules demandaient plus de temps et plus d'application que toutes les autres ensemble^, ceux' dont je crus me pouvoir mieux servir pour lors furent Le Tellier, Fouquet et Lionne.
Car, pour Le Tellier, outre que le cardinal Mazarin m'avait dit souvent que dans les occasions délicates il avait reconnu sa suffisance et sa fidélité, je les avais aussi plusieurs fois remarquées moi-même , et je voyais que la charge de secrétaire d'État exercée par lui depuis vingt ans^ lui avait donné une connaissance fort grande des affaires ^
Ce même cardinal m'avait aussi parlé fort avantageusement de Lionne^, et je savais que pas un de mes sujets n'avait été si souvent employé que lui dans les négociations étrangères^.
Pour Fouquet, Ton pourra trouver étrange que j'aie voulu me servir de lui , quand on saura que dès ce
1. PellUsoD ijoute : « où le petit nombre de tètes est à désirer autant qu'autre chose. »
2. 11 fi^Joute : « ne voulant pas les confier à un seul ministre. •
3. Pellisson : « les trois que je crus y pouvoir servir le plus utilemont...»
4. Pellisson : « ... avec beaucoup d'attachement et d'assiduilé. »
5. Pellisson, qui a changé légèrement la forme de cet alinéa, ajoute : « On l'avait employé de tout temps en celles de la dernière confiance, » et ceci : « Il avait une conduite sage et précautionnée, et une modestie dont Je faisais cas. >
6. Pellisson : • Lionne avait le même témoignage du cardinal BfaxarlD, par qui il avait été formé. »
7. Pellisson t « ... ni avec plus de succès. » 11 i^oute : « 11 connaissait les diverses cours de T Europe, parlait et écrivait facilement plusieurs langues, avait des belles-lettres, l'esprit aisé, souple et adroit» propre à eette sorte de traité avec les étrangers. »